10.06.2008
Géopolitique des mers, Europe puissance ?
| Géopolitique des mers, Europe puissance ? Compte-rendu du café de mai 2008 | ![]() |
| Écrit par Thomas Kurkdjian | |
| 05-06-2008 | |
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En contrepoint des réflexions entourant le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), le débat a cherché à comparer la coopération autour de la Baltique avec d’autres projets de coopération plus récents autour de la mer Noire et de la mer Méditerranée, et a interrogé la capacité de l’UE à mener une « géopolitique des mers », c’est-à-dire à faire de ces mers des espaces de coopération et d’influence. Mers Baltique, Noire et Méditerranée : trois espaces maritimes européens profondément différenciés par leurs enjeux Michel Foucher a commencé par une mise en garde contre toute forme de géographisme : il n’y a pas de vertu particulière à être autour d’une même mer. C’est pourquoi il faut se méfier de la tendance à instrumentaliser des espaces maritimes pour en faire des espaces supposément évidents de coopération. Les ensembles régionaux maritimes sont avant tout des ensembles géopolitiques inscrits dans l’histoire et qui peuvent avoir très peu de points commun : en témoigne le partage des mers Baltique et Noire par le Rideau de fer jusqu'en 1989. Réfléchissant au contexte stratégique des mers européennes, Michel Foucher met en évidence l’absence de tension stratégique autour de la Baltique (il n’y a pas de révisionnisme sur les frontières, les Russes ne cherchant pas à reprendre pied sur les côtes baltes). A l’inverse, autour de la mer Noire, les frontières ne sont pas complètement consolidées. Ainsi, le décret présidentiel (non publié) du 14 mars 2008 constitue de facto un décret d’annexion de l’Abkhazie. C’est dans ce contexte que le maire de Moscou a récemment déclaré réversible le don de la Crimée à l’Ukraine par Khrouchtchev en 1954. Par ailleurs, une différence de configuration stratégique est tout à fait déterminante : la mer Noire n’est pas prise par les glaces l’hiver, à la différence de la Baltique (jusqu’à Riga), ce qui pose un véritable problème pour entretenir une flotte. En Baltique, il n’y a pas d’équivalent de la base de Sébastopol (louée à l’Ukraine au moins jusqu’en 2017) : la grande base, c’est Mourmansk, en mer de Barents, avec un accès facilité à l’Océan Atlantique. La coopération en mer Baltique, de loin la plus aboutie, mais aussi la plus originale La Baltique a été historiquement une zone de confrontations ; depuis 1991, la frontière "stratégique" de la Suède se trouve entre les Pays baltes et la Russie. Avec la fin de la Guerre froide, la Baltique est devenue un lac de coopération sans tensions, l’accès terrestre à Kaliningrad via la Lituanie a été réglé. Philippe Perchoc rappelle le caractère ancien de la coopération autour de la mer Baltique. Dès 1952, le Conseil nordique devient une instance de délibération, principalement entre les pays scandinaves et la Finlande. S’ensuit la multiplication des organisations de coopération regroupant les mêmes Etats : Conseil des Etats de la mer Baltique, Conseil euro-arctique de Barents. A partir de 1992, ces organisations s’étendent à tous les Etats de la mer Baltique, y compris la Russie. Ces structures disposent d’institutions de nature intergouvernementale et parlementaire, mais pas de niveau supragouvernemental comme peut le connaître l’UE. Ce qui constitue un tissu acceptable par la Russie du fait du caractère intergouvernemental offrant de jure un droit de veto. Ce mode de coopération pluriel est particulier à la mer Baltique, du fait de son ancienneté et aussi de ses réalisations concrètes. Dans ce cadre, elles permettent des modalités de coopération concrète sur l’environnement, le traitement des déchets, la lutte contre les trafics. La coopération baltique est le cadre de coordination des initiatives bilatérales, mais elle est pourtant peu dotée financièrement ; la Commission n’alloue que 40 millions d’euros. Pour autant, la coopération a un rôle déterminant du fait de son effet égalisateur (tous les participants ont les mêmes droits, en dépit de leurs différences de niveau de vie, et notamment de la « diagonale de pauvreté » qui marque une ligne d’écart de revenus avec un rapport de 1 à 4) et de sa capacité à normaliser les relations avec la Russie.. La coopération autour de la mer Noire, balbutiante, est fortement marquée par les rapports russo-américains Michel Foucher rappelle que plusieurs initiatives ont pris corps autour de la mer Noire. Pour autant, leur consistance demeure faible, tout comme le niveau d’échange entre les pays concernés, à l’exception des deux Etats historiquement les plus concernés : Turquie et Russie. Alors qu’à partir du XVIIe siècle s’opère un mouvement de recul de l’empire ottoman et d’avancée de la Russie, la Turquie (membre de l’OTAN ; l’OTAN est à 200 km de la frontière russe via la Turquie) coopère aujourd’hui parfaitement avec la Russie : le gazoduc Blue Stream relie les deux Etats, les entreprises turques sont très actives en Russie. Par ailleurs, le franchissement du Bosphore présente des contraintes, notamment écologiques, ce qui explique tous les projets à travers la Bulgarie et la Grèce. Pour autant, la situation est plus compliquée du fait de la proximité du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Une logique de contournement prévaut : par le Nord (Russe) et par le Sud (États-Unis) de la mer Noire. Ainsi, d’un point de vue américain s’impose une perspective de corridor : ce qui compte n'est pas tant la mer Noire, mais l'axe Portugal, Maroc, les bases britanniques à Chypre, la Caspienne (avec l’oléoduc BTC qui débouche sur la Méditerranée à Ceyhan et le BTE qui arrive à Erzurum en Turquie). Les relations euro-russes en Baltique et sur la mer Noire dans une logique de "co-opétition"
Alors que l’époque Eltsine était une période de faiblesse géopolitique, de démocratie et de plus grande coopération avec l’Occident, la Russie de Poutine assume un rapport de force, renforcé par l’enrichissement russe et le sentiment de Moscou d’un déclin de l’Occident (incluant l’Europe et les Etats-Unis). Le problème est fondamentalement que Bruxelles attend le mode d’emploi venant de la nouvelle administration américaine : dans l’attente, cela conduit à combiner des éléments de coopération et de critique. L’Union pour la Méditerranée, une bonne idée, trop tardive Le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) peut être analysé à la lumière de ces enseignements. Si tous les spécialistes sont d’accord sur le fait qu’il faut renforcer les relations entre les pays riverains de la Méditerranée, la question se pose de la pertinence du projet, en sus du processus de Barcelone et de la politique de voisinage. Philippe Perchoc rappelle les trois corbeilles du processus de Barcelone : économie, droits de l’homme et transition politique, environnement. Pourtant, dix ans après la mise en place du processus de Barcelone, force est de constater l’absence de résultat concret, ce qui explique l’émergence d’un projet d’Union méditerranéenne, indépendant de l’UE. Le projet initial d’Union méditerranéenne s’est progressivement « barcelonisé » du fait du refus allemand d’un projet alternatif dont elle serait exclue : ils exigent une coopération renforcée, y compris pour les Etats non riverains de la Méditerranée. De fait, cela conduit à revenir à un système "Barcelone renforcé". Deux innovations peuvent être notées. Sur le plan institutionnel, une coprésidence Nord/Sud et un secrétariat général. Sur les pays qui la composent, notamment avec la possibilité d’intégrer la Libye qui ne fait pas partie du processus de Barcelone. Mais cela conduit à une forme de matriochka de politiques : l’Union pour la Méditerranée, simple déclinaison du processus de Barcelone, lui-même inclus plus largement dans la politique de voisinage. De fait, il est difficile de de dire en quoi cela diffère de ce qui se faisant précédemment. Le risque de désordre profite à la Commission européenne qui a la mainmise budgétaire. M. Foucher insiste sur la dimension stratégique : l’UPM ne peut fonctionner que si le conflit israélo-palestinien est réglé. En effet, symétriquement, c’est l’assassinat de I. Rabin qui met fin à la dynamique Oslo/Barcelone. C'est pourquoi, in fine, l’intégration méditerranéenne dépend de la capacité des Etats-Unis de contribuer au règlement de la question palestinienne. La multiplication d’initiatives nationales ou locales masque mal les intentions politiques sous-jacentes Pour M. Foucher, le projet d’UPM est révélateur d’une dynamique de régionalisation qui constitue un réel risque de dilution de la cohérence d'ensemble. En effet, la multiplication d’initiatives régionales de coopération correspond inéluctablement à des intentions politiques nationales. Ainsi, la Suède et la Pologne ont proposé une nouvelle « initiative orientale », en complément à la proposition d’UPM visant à approfondir les relations de l’UE avec ses voisins à l’Est (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie et Ukraine), membres du Conseil de la mer Noire. Cette initiative s’affirme nettement comme une réponse à l’initiative franco-hispano-italienne d'UPM avec pour idée sous-jacente que ces pays, sans chercher à s’opposer au projet d’UPM, en profitent pour faire progresser les relations à l’Est. Cette situation conduit à des logiques de différenciation régionale. Elle pose un problème grave pour l’UE dans la mesure où l’intérêt général européen devient subsidiaire par rapport aux intérêts nationaux exprimés par des initiatives régionales. Depuis les élargissements de 2004 et 2007, ce phénomène est accentué, chacun considérant que sa sécurité est assurée par l’intégration de son voisin. C’est pourquoi la politique allemande en réaction au projet d’Union méditerranéenne a conduit à gérer à 27 les affaires méditerranéennes, sans les réserver aux pays de la côte méditerranéenne. De la même manière, le ministre J-P Jouyet demande, le 4 juin 2008, à l’occasion d’une réunion du Conseil des Etats de la Baltique, que la France en soit un membre à part entière (et non plus simple observateur). M. Foucher demande dans quelle mesure cette régionalisation pourrait constituer une solution pour la composition future de la Commission européenne afin d’échapper au surnombre de Commissaires dans l’actuel système de composition de l’institution. Va-t-on vers une nomination de Commissaires issus de différentes régions européennes – et non plus de chaque Etat membre ? UPM, régionalisation et modèles de relations sur-mesure A Bruxelles prévaut le sentiment que les initiatives régionales n’ont jamais réellement fonctionné. Pourtant leur multiplication fait peser des incertitudes sur la politique de voisinage. Dans ce contexte, la multiplication de relations sur mesure pourrait être une solution. Ainsi, le Maroc revendique un "statut avancé" incluant l’adhésion au régime d’union douanière, la participation à plusieurs politiques européennes (recherche, immigration, …) et à certaines agences. Un statut d’Etat associé peut intéresser la Tunisie et Israël (mais pas pour la liberté de circulation).
http://www.nouvelle-europe.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=489&Itemid=90 |
19:42 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : geopmolitique, ue, mer noire
28.05.2008
EU must foster Black Sea cooperation, say ministers
D'après les participants présents à la conférence sur l'encouragement de la démocratie et du développement dans la région de la mer Noire le 26 mai, l'UE doit justifier la multitude d'initiatives en vigueur dans cette région pour garantir la paix et la sécurité énergétique.
Contexte:
The Black Sea region is increasingly viewed as one of the keys to reliable oil and gas deliveries to the European and global market.
A great number of regional initiatives bringing together countries from the Black Sea region have been established over the last 15 years. In April 2007 the EU made an effort to streamline them through the Black Sea synergy, launched at the EU-Black Sea Countries meeting in Kiev on 14 February 2008 (EurActiv 11/04/07).
The Black Sea Economic Cooperation was established in 1992 after a Turkish initiative, with the participation of Albania, Armenia, Azerbaijan, Bulgaria, Georgia, Greece, Moldova, Montenegro, Romania, Russia, Serbia, Turkey and Ukraine.
GUAM, the Organisation for Democracy and Economic Development, was established in 2001 as a regional organisation grouping four post-Soviet states – Georgia, Ukraine, Azerbaijan and Moldova.
In 2001 Turkey, Russia, Ukraine, Romania, Bulgaria and Georgia established Blackseafor, an organisation specialised in search and rescue operations, minesweeping, environmental protection and the organisation of goodwill visits.
The 'Baku initiative' is a policy dialogue between the EU and the Black Sea and Caspian basin, established in 2004.
The Black Sea Forum was established in Bucharest in 2006 after a Romanian initiative, with the participation of Armenia, Azerbaijan, Bulgaria, Georgia, Greece, Moldova, Turkey, Romania, and Ukraine.
Lastly, the 'Black Sea synergy' is a EU initiative launched in 2007.
A lire aussi:
Autres articles:
- L’UE félicite l’initiative en faveur de la capitale culturelle [FR]
- Partenariat stratégique avec la Russie : l’UE compte donner son feu vert [FR]
- La politique étrangère de l’UE fragilisée par une vague d’initiatives nationales [FR]
- Pr Dutkiewicz : la Russie est "probablement à la croisée des chemins"
- Le sommet des Balkans est marqué par la sortie de la Serbie
EU must help the heterogeneous countries along the Black Sea coasts to find ways to guarantee and strengthen peace, without leaving aside issues such as human rights and fundamental freedoms, Belgian Foreign Minister Karel de Gucht stated. De Gucht hosted the event, organised by CEVIPOL – Centre d'étude de la vie politique (ULB) and the Embassy of Bulgaria. He stressed that the EU is the "impartial party" which could streamline existing initiatives, which sometimes overlap.
Energy security as central issue
Strategic thinking about the future of the Black Sea is shaped by security concerns, especially energy security, several participants stressed. Threats such as terrorism, transnational organised crime, the "frozen conflicts" of Transnistria, South Ossetia, Abkhazia and Nagorno-Karabakh, illegal trafficking and migration should not be underestimated, participants stressed.
With the Black Sea becoming adjacent to the EU with the accession of Bulgaria and Romania, the EU can involve its new neighbours in addressing the problems, including candidate country Turkey, the countries covered by the European neighbourhood Policy (Armenia, Georgia, Azerbaijan, Ukraine and Moldova).
Academics more sceptical than diplomats
Academics who took part to the debate expressed the view that most of the Black Sea initiatives seem to be made by and designed for the diplomatic elite. Often so-called international initiatives are born to suit ambitions for regional leadership, while the civil societies are not even aware of them and remain forgotten.
Scientists questioned whether the Black Sea region was indeed a region, compared to other regions like Scandinavia, which always had such a statute. Several speakers considered that in fact the Black Sea region is "more a matter of politics than geography".
Positions:
Bulgarian Minister of Foreign Affairs Ivaylo Kalfin made a keynote speech, noting a positive shift in the EU's vision of how to engage in the region. He called for coherence of the EU policy instruments towards its Black Sea neighbours. He also stressed that energy security is becoming an issue of utmost priority for the Black Sea region, highlighting the need EU and NATO to be "actively involved" in the region.
Kalfin also expressed the view that the energy markets in the Black Sea basin and other regions should be integrated through the expansion of the European Energy Community. He added that his country was ready to host the Office of the Energy Community Observatory, which would monitor the energy flows in the Black Sea region.
Pierre Champenois, representing the Egmont institute, questioned whether countries rather distant from the region such as Belgium should "take aboard" the Black Sea policy among their priorities, since the Black Sea has become adjacent to the EU. Some of the next speakers answered on a positive note, others considered that you could not ask every EU country to be equally committed to fostering the Black Sea cooperation.
22:57 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ue, cooperation, mer noire
09.05.2008
EU to fund key projects in neighbouring states
The European Commission has announced that it plans to provide over €700 million of funding for energy and transport infrastructure projects between the EU and neighbouring states over the next five years.
The Commission has so far made available €100 million of the €700 million it intends to allocate to the scheme between now and 2013. The hope is that the initiative, known as the Neighbourhood Investment Facility, will help to convince creditors with an additional €6 billion of extra funds for infrastructure projects.
EU member states will also be able to contribute to the scheme, whose primary recipients will be countries that have agreed European Neighbourhood Policy (ENP) action plans with the EU. So far, Germany has pledged to provide €10 million this year and Italy and Sweden have each said they will allocate €1 million.
Although energy, transport and environmental projects will be the main beneficiaries, the scheme will also support the development of small to medium-sized firms as well as projects in the social sector.
Benita Ferrero-Waldner, the European commissioner for external relations, said that, among other effects, the scheme would help to promote the use of renewable energy and the de-pollution of the Mediterranean and Black Seas.
Most of the states in the ENP are near the Black Sea – Armenia, Azerbaijan, Georgia, Moldova and Ukraine – or the Mediterranean Sea: Egypt, Lebanon, Morocco, the occupied Palestinian territory, Tunisia. Jordan is another member of the ENP.
“Concrete projects financed under this facility will bring tangible benefits to citizens of the neighbouring countries and the union alike and will bring our partners closer to the EU,” she said.
The ENP was established in 2004 with the aim of strengthening the stability and prosperity of countries that share a land or sea border with the EU. Russia is not included in the ENP; its relations with the EU are governed through a separate strategic-partnership arrangement.
Countries that are not members of the ENP can obtain grants for projects of a cross-border or regional nature09:12 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pev, investissements
09.03.2008
Union européenne : La mer Noire, nouvelle frontière de l’Europe
![]() | Union européenne : La mer Noire, nouvelle frontière de l’Europe "L’histoire n’est peut-être pas condamnée à n’étudier que des jardins clos de murs" a écrit l’historien Fernand Braudel. Il pensait à la méditerranée, lieu d’échanges marchands et source de gisements de toutes sortes, qui a façonné la civilisation européenne. D’autres mers ont influencé la culture et le développement de l’Europe. C’est le cas de la mer Noire, nouvelle frontière de l’Union européenne depuis l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007. |
Ils forment avec la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie- le "Conseil de la mer Noire" et l’“Organisation de Coopération économique de la mer Noire” où l’UE a le statut d’observateur.
L’initiative de la mer Noire, qui fait partie la "politique européenne de voisinage", est un véritable laboratoire de l’exercice du "soft power” diplomatique de l’Europe. Cette politique est-elle viable ? L’Europe peut-elle consolider sa politique étrangère à travers ce type de relations avec des sous-ensembles régionaux où elle entend s’affirmer comme modérateur des conflits, tout en gérant ses intérêts économiques et politiques ? La réponse sera d’autant plus intéressante que l’initiative de la mer Noire est bien moins ambitieuse que ce que promeut le Président de la République française au titre de l’Union euro-méditerranéenne.
L’approche modeste de cette initiative n’en masque pas moins un enjeu vital pour l’Europe dans sa gestion de l’après guerre froide. Le but est d’abord de s’assurer de la stabilité de la région mise en péril par l’existence de conflits dits “gelés”, mais qui sont latents, du fait des velléités de sécession encouragées par la Russie en Georgie et en Moldavie, ou même ouverts comme en Tchétchénie, conflit le plus meurtrier de la zone. Il s’agit ensuite, après les “révolutions de couleur” en Ukraine et en Georgie, d’offrir à ces Etats, soucieux d’un ancrage euro-atlantique, un cadre de coopération renforcée sans ouvrir à ce stade de perspectives d’adhésion à l’Union, sinon à l’OTAN dont sont membres la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie. En arrière-plan, c’est toute la question des rapports avec la Russie qui est posée.
La façon dont les relations UE/Russie évolueront déterminera le succès ou l’échec de l’initiative de la mer Noire. De nombreux domaines de coopération sont concernés, parmi lesquels la démocratie et les droits de l’homme, la lutte contre la corruption et la criminalité, la maîtrise des flux migratoires ou encore l’environnement, les transports et l’énergie. Dans ces domaines, les pays de la région, non membres de l’UE, sont invités à participer à des programmes communautaires et peuvent bénéficier d’aides de l’Union et de financements des banques européennes.
Mais c’est l’énergie, en l’absence de politique commune en cette matière, qui sera le test de la capacité de l’Union à sécuriser ses liens avec la Russie en la dissuadant d’utiliser ses ressources énergétiques comme d’une arme pour s’imposer en tant que super-puissance. Le Livre vert de la Commission de mars 2006 sur la politique énergétique accorde peu d’importance au rôle de l’organisation de la mer Noire. Pourtant selon des études récentes, plus de la moitié des importations énergétiques de l’Union passeront par là dans les années à venir. Faute pour la Russie d’adhérer à la Charte européenne sur l’énergie, la stratégie de l’Union européenne dans la mer Noire devrait en toute logique la conduire à encourager la diversification des voies de transit du pétrole et du gaz. Plusieurs projets de pipelines évitant la Russie ont été lancés, de même que le projet de gazoduc "Nabucco" qui, à partir de la mer Caspienne, traverserait la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie jusqu’à l’Autriche. Encore faut-il, pour que les Européens tirent le meilleur parti énergétique de leur politique étrangère commune, que les Etats membres n’agissent plus en ordre dispersé. Ce qui est trop souvent le cas, comme en témoigne l’accord du 25 février entre la Russie et la Hongrie en vue de la construction d’un gazoduc à travers l’Europe du Sud-est qui pourrait contredire la réalisation de Nabucco. Avant que la politique étrangère européenne ne s’affirme dans le domaine énergétique, la route est longue et elle passera nécessairement par la mer Noire.
12:15 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ue, général
06.03.2008
La mer Noire, nouvelle frontière de l'Europe
La Tribune.fr - 05/03/08 à 12:22 - 884 mots
La Chronique de Noëlle Lenoir
Pour la présidente de l'Institut de l'Europe de HEC et ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes, la façon dont les relations entre l'Union européenne et la Russie évolueront déterminera le succès ou l'échec de l'initiative de la mer Noire."L'histoire n'est peut-être pas condamnée à n'étudier que des jardins clos de murs", a écrit l'historien Fernand Braudel. Il pensait à la Méditerranée, lieu d'échanges marchands et source de gisements de toutes sortes, qui a façonné la civilisation européenne. D'autres mers ont influencé la culture et le développement de l'Europe. C'est le cas de la mer Noire, nouvelle frontière de l'Union européenne depuis l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007.
Elle représente un espace géostratégique de premier plan. Aussi les dirigeants européens ont-ils approuvé dès mai 2007 les propositions de la Commission européenne sur "La synergie de la mer Noire, une nouvelle initiative de coopération régionale". Le coup d'envoi en a été donné le 14 février lors de la réunion à Kiev des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept et de leurs homologues des pays de la région que sont l'Albanie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine, la Turquie et la Russie. Ils forment - avec la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie - le Conseil de la mer Noire et l'Organisation de coopération économique de la mer Noire où l'Union européenne (EU) a le statut d'observateur.
L'initiative de la mer Noire, qui fait partie la "politique européenne de voisinage", est un véritable laboratoire de l'exercice du soft power diplomatique de l'Europe. Cette politique est-elle viable? L'Europe peut-elle consolider sa politique étrangère à travers ce type de relations avec des sous-ensembles régionaux où elle entend s'affirmer comme modérateur des conflits, tout en gérant ses intérêts économiques et politiques?
La réponse sera d'autant plus intéressante que l'initiative de la mer Noire est bien moins ambitieuse que ce que promeut le président de la République française au titre de l'Union euroméditerranéenne. L'approche modeste de cette initiative n'en masque pas moins un enjeu vital pour l'Europe dans sa gestion de l'après-guerre froide. Le but est d'abord de s'assurer de la stabilité de la région mise en péril par l'existence de conflits dits "gelés", mais qui sont latents, du fait des velléités de sécession encouragées par la Russie en Géorgie et en Moldavie, ou même ouverts comme en Tchétchénie, conflit le plus meurtrier de la zone. Il s'agit ensuite, après les "révolutions de couleur" en Ukraine et en Géorgie, d'offrir à ces États, soucieux d'un ancrage euroatlantique, un cadre de coopération renforcée sans ouvrir à ce stade de perspectives d'adhésion à l'Union, sinon à l'Otan dont sont membres la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie. En arrière-plan, c'est toute la question des rapports avec la Russie
qui est posée. La façon dont les relations UE-Russie évolueront déterminera le succès ou l'échec de l'initiative de la mer Noire.
De nombreux domaines de coopération sont concernés, parmi lesquels la démocratie et les droits de l'homme, la lutte contre la corruption et la criminalité, la maîtrise des flux migratoires ou encore l'environnement, les transports et l'énergie. Dans ces domaines, les pays de la région, non-membres de l'UE, sont invités à participer à des programmes communautaires et peuvent bénéficier d'aides de l'Union et de financements des banques européennes.
Mais c'est l'énergie, en l'absence de politique commune en cette matière, qui sera le test de la capacité de l'Union à sécuriser ses liens avec la Russie en la dissuadant d'utiliser ses ressources énergétiques comme une arme pour s'imposer en tant que superpuissance. Le livre vert de la Commission de mars 2006 sur la politique énergétique accorde peu d'importance au rôle de l'organisation de la mer Noire. Pourtant, selon des études récentes, plus de la moitié des importations énergétiques de l'Union passeront par là dans les années à venir. Faute pour la Russie d'adhérer à la charte européenne sur l'énergie, la stratégie de l'Union européenne dans la mer Noire devrait en toute logique la conduire à encourager la diversification des voies de transit du pétrole et du gaz.
Plusieurs projets de pipelines évitant la Russie ont été lancés, de même que le projet de gazoduc Nabucco qui, à partir de la mer Caspienne, traverserait la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie jusqu'à l'Autriche. Encore faut-il, pour que les Européens tirent le meilleur parti énergétique de leur politique étrangère commune, que les États membres n'agissent plus en ordre dispersé. Ce qui est trop souvent le cas, comme en témoigne l'accord du 25 février entre la Russie et la Hongrie en vue de la construction d'un gazoduc à travers l'Europe du Sud-Est qui pourrait contredire la réalisation de Nabucco.
Avant que la politique étrangère européenne ne s'affirme dans le domaine énergétique, la route est longue et elle passera nécessairement par la mer Noire.
Noëlle Lenoir
23:10 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frontiere, europe, region
15.02.2008
Foreign Ministers and Black Sea Economic Cooperation Organization Discuss Prospects of Mutual Cooperation with EU in Kiev
Ukraine, Kiev, 14 February / Trend News corr. Z.Novosvitski / A special meeting of the Foreign Ministers of Black Sea Economic Cooperation Organization (BSECO) was held within the framework of the meeting of Foreign Ministers of European union member-countries and states of Black Sea Synergy.
The Ukrainian press-service reported that the head of BSECO on Foreign Policy Department discussed prospects of mutual beneficial multilateral cooperation among BSECO and European Union states.
Cooperation issues included the development and implementation of regional projects directed on the transport systems, energy security and stability in the region, the struggle against crime, prevention of natural disasters and the use of information technology in the region and simplification of movement by BSECO and EU member-countries citizens.
18:28 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UE, mer noire
Ukraine's Foreign Minister considers meeting of foreign ministers of EU and Black Sea region states as historical event of Ukrainian foreign policy
This is what Ukraine's Foreign Minister Volodymyr Ohryzko told reporters before the meeting opening. Volodymyr Ohryzko stressed the question is about the first historical meeting between the European Union and Black Sea countries.
"We are proceeding to very important and interesting process. The process of the so called Black Sea synergy. This means that we will actively cooperate with the European Union in various particular fields - transport, energy, security, environment protection, culture and science".
The Foreign Minister stressed that Ukraine seeks to switch from good ideas to practical projects.
18:28 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UE, Ukraine
EU to Allot €1.7bln for Black Sea Projects
Ukraine, Kiev, 14 February / Trend News corr Z. Novosvitski / The European Union is ready to allot €1bln for development of the Black Sea region, Benita Ferrero-Waldner, the European Commissioner for External Relations and European Neighbourhood Policy, said at the Foreign Ministers’ meeting of the EU and Black Sea countries in Kiev, on 14 February.
According to Ferrero-Waldner, besides the €1bln, the EU will also allocate €700mln from the special investment fund.
“After Bulgaria and Romania joined EU, we have got closer to the Black Sea region, and therefore, participation in this meeting and development of this region is very important for us,” she said.
18:27 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UE
Cooperation between EU, Black Sea Region May Promote Settling of Frozen Conflicts – European Commissioner
Ukraine, Kiev, 14 February / Trend News corr Z. Novosvitski / The cooperation between EU and Black Sea region’s countries may promote the settling of frozen conflicts in the region, Benita Ferrero-Waldner, the European Commissioner for External Relations and European Neighbourhood Policy, said at the Foreign Ministers’ meeting of EU and Black Sea countries in Kiev, on 14 February.
“This meeting is a good opportunity to create a favourable environment for the Black Sea region’s countries with frozen conflicts and pave way for solving these,” she said.
Ferrero-Waldner said she is ready to cooperate with the Black Sea countries in regional projects, particularly in the issues on the collective security in the region, water resources, as well as fighting against the international terrorism.
18:27 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UE
12.02.2008
Black Sea—New EU Frontier?
In less than a week, the European Union will host meetings in Kiev to negotiate a new Black Sea policy. This is remarkable, given that less than 20 years have elapsed since the Berlin Wall was breached, enabling a newly united Germany to once again pursue a national strategy of lebensraum under the protective cloak of the EU.
The total territorial gain to the European Union since the wall fell on Nov. 9, 1989, is vast. The EU, now totaling some 170,642 square miles in area, with a combined population of over 400 million, represents the third-largest geopolitical bloc following China and India. It has grown from the 12 nations that it embraced in 1989 to 27 previously sovereign nation states now bowing the knee to the Baal of Brussels, three others recognized as candidates for membership, and others, such as Serbia, pending interim agreements with the Union.
The haste with which this meeting has been convened in Ukraine is quite remarkable, considering that less than two months have elapsed since the elections that returned Yulia Tymoshenko to power as the pro-EU prime minister of that country.
For years, the Trumpet has forecasted that Ukraine would be the point at which Russia would cry “halt” to the rapid post-Cold War encroachment of the EU on former ussr territorial possessions. Traditionally regarded as the breadbasket of the old Soviet Union, mother Russia is just not about to give up access to the great, fertile sweeping plains of Ukraine without a fight. The EU meeting in Kiev is bound to stir reaction from Moscow.
Since Gerhard Schröder’s defeat by Angela Merkel in the contest for the German chancellorship, Germany’s relations with Russia have soured. As Vladimir Putin strengthened his hold on power in Russia, as Russia rebounded economically, filling its coffers with cash courtesy of its great energy-rich cartels, and as Putin revived an overt anti-West Russian foreign policy, pressure has been building to bring things to a head in relations between these two dominant powers on the European continent, a German-dominated EU and Russia.
Given the cycle of history—and given the reality that nations tend to revert to type under pressure—the post-Cold War scenario in Europe was always going to come down to a territorial contest between Germany and Russia.
For those who only have a surface view of EU-Russian relationships, the temptation is to see this as a contest between a European Union benignly intent on opening up trade with the East and a territorially contained Russia. Scratch the surface, however, and not far below it becomes apparent that the contest is between two reviving imperialist powers: Germany, under its EU cloak, and an expansionist Russia.
The contest currently centers on the Balkans and Ukraine.
At present, though the national constituencies of both Serbia and Ukraine appear to favor EU membership, and though their governments intend to pursue such membership, each has a thorny, controversial issue to resolve that involves Russia directly. There are currently two pressure points: the issue of future independence for the Balkan enclave of Kosovo—resisted by Russia and Serbia but supported by the EU—and European Union expansion toward the strategic region of the Black and Caspian seas.
In each of these arenas, one in the very heart of EU territory, the Balkan Peninsula, the other on its extreme eastern flank, Ukraine, Russia has its embedded pro-Kremlin minions playing the Kremlin’s tune.
On the Russian side in the Balkans is the pro-Russian Serbian Radical Party, the largest party in the Serbian parliament. Recently, the Radicals had powerful influence on stalling Serbia’s accession to the EU, at the same time guaranteeing the Kremlin a continued ability to meddle in the heart of surrounding EU territory.
On February 6, the EU consigned the thorny issue of Kosovo independence to its “too hard” basket. EU Enlargement Commissioner Olli Rehn postponed indefinitely the signing of a partnership deal with Serbia, which would have been the first step toward Serbian EU membership. The EU’s main concern is that such a deal, given strong pressure against it from pro-Kremlin forces within the Serbian government, would lead to the collapse of that government. Such a collapse would upset the delicate balance involved in continuing negotiations to grant Serbia future EU membership—and Brussels’s goal is to seal the whole Balkan Peninsula into the EU corporate body. That has been Germany’s intent since it first instigated the Balkan wars in 1990. The whole issue of dragging Serbia and Kosovo into the EU now has to await another day due to Russia’s resistance.
Regarding the European Union’s Black Sea policy, one source observes that “the launching of a Black Sea Synergy presents unavoidable challenges at the broader strategic level. Russia’s assertiveness in the region is of course the major stumbling bloc here. Should the new EU policy really fulfil its promise, it may further ratchet up Moscow’s aggressive posturing, especially in relation to its western neighbors, energy and the frozen conflicts” (EUobserver, February 7).
The term “frozen conflicts” refers to the difficulties obtaining resolutions to ongoing relationships between the ex-Soviet, non-EU states of Georgia, Armenia and Azerbaijan, all bordering states of the Caspian region, and Moldova bordering Ukraine. The EU considers the development of positive relationships with these nations as crucial to its energy supply diversification policy as it seeks to reduce its present strategic dependence on Russia for supply of much of its oil and gas. EU access to energy resources in the Caucasus would come via the Black Sea. Sound relations with those nations comprising the narrow isthmus between the Caspian and Black seas—Georgia, Azerbaijan and Armenia—are necessary to gain those resources.
The long-term strategy within the European Union’s Black Sea policy is most significant in the light of the prophesied expansion of this great northern power toward the south and the east. Should the EU be able to tempt Ukraine and neighboring Moldova into its ever-widening maw, then, added to Romania’s and Bulgaria’s existing EU memberships, this would give the EU possession of the whole of the western and much of the northern shores of the Black Sea. That would open the way for its further drive eastward into Georgia and Azerbaijan, and from there to the strategic Caspian Sea bordering oil-rich Iran.
Considering this scenario, much is at stake for both Russia and the German-dominated EU as the European Commission and the Black Sea states meet in Kiev on February 14 to explore the way forward in this renewed imperialist competition for strategic territory.
Germany has now agreed to deploy a rapid reaction force to Afghanistan, where it is already strongly embedded. The German Navy is patrolling the Mediterranian and the Gulf, and will soon stretch its remit to the shores of the southern Levant. Any strengthening of the EU’s presence to Iran’s north is sure to make Iran nervous about being caught in a German pincer movement.
The Persians have a far better grasp of history, and its tendency for repetition, than do the Anglo-Saxon nations so obviously in rapid decline. Persia well remembers its history with the ancient nation of Assyria and Assyria’s later dominance as the German nation leading the Crusades of the Holy Roman Empire against the Islamic nations.
Sooner or later—we believe much sooner than is generally realized—Iran, old Persia, will react with a powerful foreign-policy push against the German-led imperialist European Union. That will be the final undoing of a resurgent Iran and the Islamic powers it seeks to dominate.
All this is clearly prophesied in your Bible. The February meeting between the EU and the Black Sea countries’ foreign ministers is but one more step toward the inevitable clash between the rising northern power of a German-led European empire and an Iranian-dominated Islamic power to its south.
For a deeper understanding of this coming clash between north and south, read our booklet Germany and the Holy Roman Empire. It will put you directly in touch with the most vital world events that are even now beginning to climax at the close of this age of world disorder, leading to the ushering in of a new golden age unprecedented in mankind’s history. •
22:03 Publié dans Union européenne et mer Noire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ue, mer noire, frontiere















Le 14e café européen de Nouvelle Europe consacré au thème « Mer Noire, mer Baltique, mer Méditerranée : la géopolitique des mers, condition de l’Europe puissance au XXIe siècle? » a eu lieu mercredi 4 juin 2008, en présence de Michel Foucher, géographe et diplomate, et Philippe Perchoc, doctorant au CERI.
Comparant les deux régions, il apparaît troublant de voir le succès relatif de la coopération baltique avec la Russie et la difficulté des relations euro-russes en mer Noire. Avant tout, il s’agit pour M. Foucher d’une crise de la relation Washington/Moscou. Il n’y a plus de doctrine américaine sur une politique russe. D’où une indécision fondamentale qui conduit à une logique de « co-opétition », à la fois coopération et compétition : ainsi, selon les sujets, on a besoin de la Russie (Iran), ou on la critique (Tchétchénie).