09.07.2008

La lutte contre les atteintes à l’environnement en mer Noire

Recommandation 1837 (2008)1


1.       La mer Noire est une zone d’une importance vitale pour l’Europe, compte tenu de sa situation géographique et de ses caractéristiques socio-économiques, culturelles et environnementales. Elle se situe, en effet, à la fois aux confins de l’Europe géographique (Conseil de l'Europe) et de l’Union européenne et constitue un trait d’union entre des cultures et des religions différentes.

2.       La mer Noire était jadis un lieu de pêche très productif. L’industrialisation et l’explosion démographique dans la région ont engendré la surpêche, l’eutrophisation et le déversement de substances toxiques chimiques et radioactives dans la mer. A présent, ce milieu aquatique qui était, autrefois, une source importante de nourriture et un espace de loisirs, risque de devenir le théâtre d'une catastrophe écologique sans pareil.

3.       C’est pourquoi la coopération peut et doit être développée à la fois entre les pays riverains, que ce soit aux niveaux national, régional ou local, pour lutter contre les atteintes à l’environnement et améliorer le bien-être des habitants des pays riverains.

4.       L’Assemblée parlementaire rappelle que des structures de coopération dans la région de la mer Noire existent déjà, dont certaines concernent des domaines bien plus larges que celui de l’environnement. Au niveau gouvernemental on peut citer la Coopération économique de la mer Noire (CEMN), qui a aussi une dimension parlementaire: l’Assemblée parlementaire de la Coopération économique de la mer Noire (l’APCEMN), la Communauté énergétique de l’Europe du Sud-est, le Centre régional sur l’énergie de la mer Noire (BSREC), la Commission sur la protection de la mer Noire contre la pollution (Commission de la mer Noire), etc. et, au niveau régional, la Commission régionale des Balkans et de la mer Noire, qui a pour objectif d’encourager le dialogue et la coopération entre les échelons administratifs subnationaux.

5.       L’Assemblée regrette toutefois que la Déclaration de Bucarest, signée en 1985 par les pays traversés par le Danube, visant à évaluer et à contrôler le niveau de pollution de cette voie d’eau, n’a pas eu d’effets concrets, malgré son renforcement en 1994.

6.       L’Assemblée rappelle que les six Etats riverains de la mer Noire (Bulgarie, Fédération de Russie, Géorgie, Roumanie, Turquie et Ukraine) ont signé et ratifié la Convention sur la protection de la mer Noire contre la pollution (Bucarest, 1992), instaurant le cadre nécessaire à un contrôle plus efficace de la pollution ainsi qu’à la reconstitution et à la conservation des ressources de la mer.

7.       L’Assemblée rappelle également que l’Union européenne est en train de développer l’initiative « Synergie mer Noire », dans le cadre de sa Politique européenne de voisinage. Cette initiative concerne entre autres l’environnement, la politique maritime et la pêche et s’appuie particulièrement sur la coopération transfrontalière.

8.       L’Assemblée constate que les problèmes de nature environnementale de la mer Noire ont des causes multiples. Les cours d’eau qui s'y jettent charrient des métaux lourds, des composés organiques synthétiques, des hydrocarbures, des nutriments, des eaux usées non traitées et des radionucléides provenant de Tchernobyl. Les barrages construits sur ces cours d’eau ainsi que les besoins en eau douce pour l’agriculture et les activités domestiques ont considérablement réduit la quantité d’eau douce qui se déverse dans la mer, ce qui aggrave les problèmes existants et altère la salinité de l’eau. Certaines villes côtières représentent une source supplémentaire d’eaux usées non traitées tandis que les ports sont largement responsables à la fois de la pollution par le pétrole et de l’importation d’espèces allogènes. La surexploitation des ressources halieutiques de la mer Noire a conduit à l’extinction commerciale de 21 espèces de poissons sur 26.

9.       L’Assemblée note que chaque année le Danube déverse à lui seul dans la mer Noire environ 280 tonnes de cadmium, 60 tonnes de mercure, 900 tonnes de cuivre, 4 500 tonnes de plomb, 6 000 tonnes de zinc, 1 000 tonnes de chrome et 50 000 tonnes d’hydrocarbures. Les autres principaux cours d’eau qui s’y jettent (Dniepr, Dniestr, Don, Kouban, Yuzhnyy et Belaïa) déversent annuellement environ 87 tonnes de cadmium, 1 500 tonnes de cuivre, 825 tonnes de plomb et 2 600 tonnes de zinc supplémentaires. Ces cours d'eau sont également la source d’une quantité considérable de nitrate et de phosphore qui engendrent la prolifération des algues et du plancton, une diminution des concentrations d’oxygène dissous et une forte baisse des stocks de poissons, conduisant à des modifications de la chaîne alimentaire.

10.       L’Assemblée estime, par conséquent, que le Conseil de l'Europe doit prendre des mesures pour faciliter le renforcement de la coopération autour de la mer Noire aux niveaux national, régional et local, car tous les pays riverains sont membres de l’Organisation.

11.       Dans ce contexte, elle se félicite de l’initiative du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe de créer une nouvelle Eurorégion de la mer Noire, sur le modèle de l’Eurorégion de la mer Adriatique. Une telle structure devrait, entre autres, promouvoir la coopération entre les pays de la mer Noire aux niveaux local et régional, contribuer à la promotion du développement durable, renforcer les capacités de gestion des autorités locales et encourager l’échange d’expériences entre les pouvoirs locaux et régionaux pour mettre en œuvre des projets communs, etc.

12.       L’Assemblée demande par conséquent au Comité des Ministres d’inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe concernés:

12.1. à encourager, et si possible à aider financièrement les villes côtières de la mer Noire à moderniser leurs systèmes d’évacuation des eaux usées;

12.2. à encourager les ports de la mer Noire à moderniser leurs installations portuaires pour que la pollution en hydrocarbures provenant de ces installations soit fortement diminuée;

12.3. à améliorer la coopération et l’intégration en matière de surveillance maritime, pour aboutir à un contrôle meilleur de la pollution des principales voies maritimes;

12.4. à veiller à réduire d’une manière significative le niveau de pollution des rivières et des fleuves se jetant dans la mer Noire;

12.5. à s’abstenir d’activités qui mettent en danger l’environnement des espaces protégés autour de la mer Noire et à mettre fin à celles qui sont en cours, notamment le « projet de canal Danube-mer Noire », dans la partie ukrainienne du delta du Danube.

12.6. à promouvoir le tourisme sain sur le pourtour de la mer Noire, dans le plein respect du patrimoine naturel;

12.7. à encourager le développement de l’utilisation de sources d’énergie renouvelable, telles que les énergies solaire, éolienne et marémotrice, dans la région de la mer Noire;

12.8. à soutenir les collectivités locales dans leurs efforts de gestion de la mer selon le principe du développement durable ainsi que dans leurs projets de coopération transfrontalière;

12.9. à mieux contrôler l’industrie halieutique et à entreprendre des actions concertées pour aider les stocks de pêche en mauvais état à se reconstituer;

12.10. à renforcer l’application des accords en matière d’environnement dans la région et à introduire l’obligation des évaluations environnementales dans tous les projets régionaux;

12.11. à procéder à toutes les réformes législatives nécessaires pour assurer une coopération fructueuse à l’échelon régional et, dans ce contexte, à œuvrer pour la création d’une Eurorégion de la mer Noire.


1 Discussion par l’Assemblée le 23 juin 2008 (20e séance) (voir Doc. 11632, rapport de la commission de l'environnement, de l'agriculture et des questions territoriales, rapporteur : M. Mironescu). Texte adopté par l’Assemblée le 23 juin 2008 (20e séance)

L'eau salée de la mer Noire menace la faune du delta Kizilirmak

 
  2008-07-07 15:48:59  

    ANKARA, 7 juillet (Xinhua) -- La récente intrusion de l'eau salée de la mer Noire dans les zones humides du delta Kizilirmak  (Rivière rouge en turc, ndlr) en Turquie a augmenté le niveau du sel dans les lacs de cette région, avec un effet négatif sur les animaux, a rapporté lundi le Today's Zaman. 

     Murrat Bulat, président de la Fédération de la protection de  la nature de la mer Noire, cité par le journal, a déclaré que la  hausse du niveau du sel des lacs dans le delta de la mer Noire,  l'une des plus importantes zones humides en Turquie, a été  provoquée par les canaux d'eau construits pour protéger les terres contre les inondations pendant la saison des pluies. 

     A moins de prendre les mesures nécessaires, le niveau de sel  élevé portera atteinte aux animaux dans la région, a mis en garde  M. Bulut. "La mer Noire commence lentement à englober le delta. La salinisation des lacs reliés à la mer par des canaux d'eau, est en progression. Il y a une grave détérioration de la flore et de la  faune", a-t-il expliqué. 

     Il a appelé à construire des digues dans les endroits où se  rencontrent la mer et le delta et à prendre d'autres mesures pour  empêcher l'eau salée d'entrer dans les lacs. 

     Le delta de Kizilirmak, d'une superficie de 56.000 hectares,  est l'une des plus importantes zones humides de la Turquie. 

     Il abrite plus de 140 espèces d'animaux et plus de 100.000  oiseaux en hiver, et a une importante ornithologique  internationale. 

07.07.2008

Marée noire de novembre 2007: l'écosystème de la mer Noire s'améliore (scientifiques)

 
 
15:48 | 01/ 07/ 2008
Version imprimée

ROSTOV-SUR-LE-DON (Sud), 1er juillet - RIA Novosti. Le système écologique de la mer Noire six mois après le déversement des soutes d'un pétrolier russe, échoué sur un banc, de près de 2.000 tonnes de mazout, s'améliore, ont constaté les chercheurs du Centre sud de l'Académie des sciences de Russie.

A la fin de juin, ils ont mené une expédition scientifique sur les lieux de l'accident du 11 novembre 2007 dans le détroit de Kertch, suite à une tempête sans précédent. A l'époque, quatre navires ont sombré, six se sont échoués sur des bancs de sable. Près de 2.000 tonnes de mazout se sont déversées des soutes du pétrolier russe Volgodon-139, qui s'est brisé en deux, provoquant la mort massive d'oiseaux et de poissons. Le 13 novembre, la teneur de l'eau marine en produits pétroliers dépassait la norme admise de 50 fois.

"Dans la partie centrale de la mer, nous avons vu un grand nombre de dauphins, témoignage d'un lent rétablissement du système écologique de la mer", a annoncé aux journalistes le dirigeant de l'expédition, Valeri Loujniak.

Selon lui, l'accroissement de leur population s'explique par la réapparition des poissons qui constituent leur base alimentaire.

Toutefois, malgré une nette amélioration de l'environnement, la pollution en produits pétroliers reste un problème. "Une traînée noire est visible sur une distance de deux milles depuis le Volgodon, dont sortent toujours des produits pétroliers", a-t-il noté.

Selon le dirigeant de l'expédition, on observe de grandes quantités de déchets ménagers dans la partie centrale de la mer Noire. "Il s'agit surtout de déchets d'origine turque", a-t-il ajouté.

02.06.2008

Major Black Sea oil spill threatens Turkey

 
Nearly 80 tons of crude oil spilled from a tanker floating in the international waters of the Black Sea and caused a major pollution that now threatens Turkey after Bulgaria, Bulgarian, police said on Friday.

Satellite pictures showed huge oil slick floating in the waters just 80 kilometers off the coast of Bulgaria, Bulgarian officials said.

"Wind blows from the northeast and the oil is a threat for Turkey, more than Bulgaria," said Atanas Balazov, a Bulgarian professor at Varna Marine Institute.

Bulgarian media reported that the oil spilled from an unknown tanker.

The amount of oil is estimated to be 80 tons according to Russian experts who spotted the oil spill a few days ago with the help of satellite pictures.

23.05.2008

Dead water

The environment May 15th 2008 From The Economist print edition Too much nitrogen being washed into the sea is causing dead zones to spread alarmingly AP NEW life generally flourishes in the spring, unless it is marine life in the Gulf of Mexico. Every spring the coastal waters turn into a scene of devastation and death. Known as a “dead zone”, this vast oxygen-depleted area extends along the coast between Louisiana and Texas. Hundreds of the world's coastal regions have dead zones. They mostly occur when spring rainfall gathers on land, makes its way into streams and rivers, and eventually tumbles down to the ocean. The rivers carry with them a cargo of nutrients, in particular nitrogen, from farms in the watershed. When this nitrogen reaches the sea it causes a brief frenzy of algal growth which depletes the water of oxygen. Fish, clams, shrimp, crabs, entire mussel reefs and other bottom-dwelling animals can be wiped out. Jane Lubchenco, a marine ecologist from Oregon State University, says this nutrient run-off from land is increasing the number, size, duration and severity of the dead zones. This is mainly because the use of fertilisers in agriculture is increasing. Sometimes the waste from animals or human sewage worsens the blight. Nitrogen, which, makes up about 78% of the Earth's atmosphere, is an inert gas but it has more reactive forms. One of these comes from making fertilisers, using the Haber-Bosch process which converts nitrogen gas into ammonia. Although some of the fertiliser used on fields is taken up by plants and then by the animals that eat them, most of it accumulates in the soil before being washed to the coast and eventually even to the deep ocean. Another source of nitrogen pollution comes from fossil fuels, which produce nitrogen oxides when they are burnt. These oxides are released into the atmosphere and they can fall back to earth as acid rain. The release of reactive nitrogen into the environment has a “cascade” effect, according to two papers published in the latest issue of Science. James Galloway of the University of Virginia, the lead author of one of the papers, says that every single atom of reactive nitrogen can cause a cascading sequence of events which can harm human health and ecosystems. In the lower atmosphere the oxides of nitrogen add to an increase in ozone and small particles, which can cause respiratory ailments. The reactive nitrogen in acid rain kills insects and fish in rivers and lakes. And when it is carried to the coast it contributes to the formation of dead zones and in the creation of red tides (a kind of toxic, algal bloom that can form in the sea). It is then converted to nitrous oxide which adds to global warming. According to Alan Townsend, of the University of Colorado, Boulder, humans are creating reactive nitrogen at a record pace, and moving it around the world as never before. People create about 190m tonnes of reactive nitrogen a year, compared with 90m-120m tonnes from natural processes, such as nitrogen-fixing bacteria and lightning strikes. Some of this man-made nitrogen helps to grow food and biofuels, but the nitrogen uptake by plants and animals is so inefficient that only 10-15% of the reactive nitrogen created for food production actually ends up being eaten as food. The rest of the nitrogen goes into the environment. What is worrying is that the production of reactive nitrogen is set to increase according to most predictions. Doug Capone, of the University of Southern California, says that the increased levels of reactive nitrogen are now responsible for about 3% of the biological production of new marine life in the open ocean. Because there is only a limited supply of nitrogen out in the open ocean, additional amounts of it can have a huge stimulating effect. Good but bad This sounds like it is good news for the climate, because marine life absorbs about 10% of man-made carbon dioxide into the ocean. The more marine life there is, the more absorption. But two-thirds of this effect may be offset by the greater release of nitrous oxide, a potent greenhouse gas, from the sea. Dr Galloway says the aim is to maximise the effectiveness of nitrogen in food production while minimising the effects on the environment and human health. There is room for improvement. Existing technology can remove nitrogen oxides when fossil fuels burn, at a cost. Breeding or genetic modification could increase the efficiency with which animals and plants take up nitrogen. Improving animal management (with better diets and use of manure), would also help. And if only half of the sewage of the 3.2 billion people living in cities were treated, the environment would be spared about 5m tonnes of reactive nitrogen a year. Altogether, such interventions would add up to about 54m tonnes of less reactive nitrogen, about 28% of what was created in 2005. Already cap-and-trade schemes are springing up in some American watersheds because of concern about the spread of dead zones. They work in the same way as America's sulphur-dioxide trading scheme and Europe's emissions-trading scheme for carbon. Polluters trade the right to pollute with substances such as nitrogen. Although this can be cost-effective, it is likely to work only when pollutants come from identifiable sources. Dr Galloway's next task is to create a nitrogen-footprint calculator on the internet, which would be similar to a carbon-footprint calculator. Although there seems to be little prospect of any immediate and concerted action to try to restore the Gulf of Mexico's dead zone, the north-western coastal area of the Black Sea provides an accidental example of how some places might, if given the chance, improve very quickly. After the collapse of the centrally planned economies of eastern and central Europe, the use of manufactured fertilisers declined because they were no longer affordable. Within seven years the Black Sea's dead zone had largely vanished and fisheries had recovered. That, at least, is cause for a little spring cheer.

20.02.2008

Les méduses attaquent

8/02/08 - nature & agriculture

Meduse.JPGOn connait désormais un nouvel effet du réchauffement climatique : il pourrait accélérer la prolifération des méduses, et plus précisément la plus répandue d'entre-elles, la Pelagia noctulica.

Jacqueline Goy, chercheuse à l'institut océanographique de Paris confie ses inquiétudes dans les colonnes du "Midi-Libre" daté d'hier."Depuis quelques années, la température de la Méditerranée ne descend pas en dessous de 14°. ce paramètre pourrait entraîner une prolifération permanente de la Pelagia noctiluca, la plus répandue des milles espèces de méduses". Cette méduse aux piqûres très urticantes constitue néanmoins un marqueur des modifications de l'environnement en raison de son absence de carapace.

Outre le réchauffement climatique, d'autres facteurs interviennent également dans la prolifération de cette espèce. Parmi eux la raréfaction des prédateurs de cette méduse que sont les thons rouges ou les tortues.

Cette prolifération inquiète du fait de la voracité de l'espèce. "Elles sont carnivores et insatiables. Avec un opportunisme certain. les œufs et les larves de poissons leur conviennent tout à fait. Manger pour se reproduire, c'est leur "credo"! Une méduse pond pendant trois à quatre mois des millions d'oeufs" explique Jacqueline Goy.

Un déséquilibre du système

En plus du dégout que provoque l'animal chez les baigneurs, les effets sur la biodiversité marines sont importants. "En mer Noire, les méduses ont déséquilibré le système en une dizaine d'années. Il n'y a plus d'anchois. Et, dans la Baltique, il n'y a plus de hareng. Des rejets d'eau chaude provenant de centrales nucléiares ont contribué à ce dérèglement."

La saison touristique arrivant à grand pas, certaines communes de Méditerranée, comme le Lavandou dans le Var, prennent leurs dispositions, et installe des filets afin de piéger l'espèce tant redoutée. De leur côté, les autorités espagnoles tentent de réintroduire la tortue, friande de Pelagia noctiluca.

15.01.2008

La mer Noire, environnement (L'Agora)

Noire (mer)
 
«Si l’on ne tient pas compte de la mer d’Azov, la mer Noire est [en Europe] la mer la plus distante de l’océan Atlantique. Elle communique avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, avec la mer de Marmara par le Bosphore (de faible profondeur : 37-120 m) et avec la mer Méditerranée par les Dardanelles. La mer Noire est un bassin semi-fermé présentant des profondeurs relativement grandes pouvant aller jusqu’à 2 258 m (profondeur moyenne: 1 292 m). Elle a une longueur maximale de 1148 km et des largeurs maximale et minimale de 610 et 258 km, respectivement. Elle a une superficie comprise entre 417 000 et 423 000 km2, un littoral long de 4 100 km, un volume compris entre 537 000 et 555 000 km3. Quelques grands fleuves comme le Danube, le Dniepr, le Dniestr et le Boug du Sud se jettent dans la mer Noire, ce qui explique la faible salinité (environ deux fois moindre) de ses eaux (18‰) par rapport à celles de la mer de Marmara et de la mer Méditerranée.

La mer Noire se caractérise par la présence permanente d’hydrogène sulfuré à des profondeurs supérieures à 125-200 m, la concentration dépassant à certains endroits 10 mg H2S par litre car les eaux de surface saturées d’oxygène ne représentent que 12% du volume total d’eau. Ainsi les profondeurs supérieures à 150-200 m sont largement dépourvues de toute trace de vie (à l’exception de microorganismes anaérobies) par comparaison avec la couche superficielle, où se déroulent les processus aérobies. En raison de sa faible salinité, la diversité biologique de la mer Noire est plus faible que celle de la mer Méditerranée. Ces caractéristiques de la mer Noire expliquent sa faible capacité d’assimilation des polluants et le fait qu’elle est extrêmement sensible à l’impact des activités humaines. […]

Les pays riverains de la mer Noire sont la Bulgarie, la Roumanie, l’Ukraine, la Russie, la Géorgie et la Turquie. […]

Près de 90% de la mer Noire est privée d’oxygène, mais la couche superficielle est une zone relativement productive dans laquelle vivent 165 espèces de poissons, dont 119 espèces marines typiques, 24 espèces anadromes et 22 espèces dulçaquicoles. L’ichtyofaune de la mer noire se compose pour l’essentiel d’espèces marines d’origine méditerranéenne (environ 60%), de poissons d’eau douce (plus de 20%) et de reliques atlantoboréales (environ 16%).

Une dessalure importante des eaux du nord-ouest de la mer Noire causée par les fleuves susmentionnés explique l’apparition d’espèces dulçaquicoles et anadromes dans les estuaires et les lagunes. Ces espèces sont les suivantes: l’esturgeon, l’alose, la carpe, la brème, le sparidé, le brochet, le poisson-chat, etc., qui se reproduisent en eau douce. On rencontre également en grand nombre dans les zones d’eau douce de la partie nord-ouest de la mer Noire des espèces d’eau saumâtre telles que le kilka de la mer Noire et le goujon de mer. On trouve un groupe d’espèces de poissons des mers tempérées, à savoir: l’aiguillat commun, la raie à dos épineux, le sprat, le flet, le merlan de la mer Noire, le saumon, l’épinoche à trois épines et l’anguille. Le groupe le plus important d’espèces de poissons se compose de poissons de mer tels que le mulet, l’anchois, le sparidé, le labre, l’anguille de roche, l’anguille de mer et le goujon de mer. Également très importants sont les poissons migrant depuis la mer de Marmara: la bonite à ventre rayé, le maquereau et le tassergal. La contamination des profondeurs de la mer Noire par l’hydrogène sulfuré fait que son ichtyofaune est caractérisée par un plus grand nombre de poissons pélagiques et un nombre limité de poissons démersaux. […]»

Commission de l'environnement et de l'agriculture de l'Assemblée du Conseil de l'Europe, La pêche dans les mers semi-fermées d'Europe. Rapport (Doc 9373, 15 février 2002). Rapporteur: M. Wolfgang Behrendt, Allemagne, Groupe socialiste


La mer Noire, à Feodosia, Ukraine (2002)
Auteur : Stanislav (URL : http://stasma.narod.ru/)
Source : Picture Station


La mer Noire. Photo prise par le satellite américain OrbView-2, le 4 mai 2002. Les taches turquoises à la surface de la mer Noire correspondent à la prolifération de phytoplancton en raison de la pollution (eutrophisation)
Crédit : Black Sea in bloom (Earth Observatory - NASA)

«Davantage encore que la Méditerranée, la mer Noire est frappée par ces phénomènes d’eutrophisation, en particulier dans sa partie nord-occidentale, qui reçoit les eaux des "quatre D", expression désignant les embouchures rapprochées des fleuves abondant que sont le Danube, le Dnieper, le Dniester et le Don. En outre, par rapport à son volume, cette mer subit la pression d'une très lourde densité de rejets humains, agricoles et industriels, plus élevée qu'en Méditerranée. Les blooms algaux y sont plus fréquents, intenses et étendus, entraînant des effets aigus de désoxygénation responsables de mortalités massives des crustacés et des mollusques benthiques. Plusieurs espèces marines ont disparu, tandis que la prolifération des méduses et de Noctiluca scintillans (organisme planctonique) a aggravé la situation d’un écosystème déjà largement perturbé. Heureusement, un certain répit des effets d’eutrophisation est récemment observé.» (source : La santé fragile de la Méditerranée et de la mer Noire, RDT Info - Magazine de la recherche européenne (publié par la Commission européenne), n° 38, juillet 2003) - site Europa

Histoire
Vessela Sergueva, La mer Noire est-elle née du Déluge biblique? (Cyberpresse, 8 août 2001): "Une équipe américano-bulgare lance une expédition en mer Noire pour vérifier l'hypothèse selon laquelle cette dernière était à l'origine un lac d'eau douce, submergé par la Méditerranée dans une catastrophe qui aurait donné naissance à la légende du Déluge."

Enjeux
«L'homme s'est établi sur les côtes de la mer Noire il y a des milliers d'années. Les civilisations qui s'y sont succédé dépendaient de la grande diversité de la vie végétale et animale de cette mer et des sols fertiles de ses côtes. Cette harmonie a été battue en brèche au cours des quatre dernières décennies.

Suite aux développements urbains et industriels, des quantités croissantes de déchets ont été déversées dans la mer Noire et dans les fleuves qui s'y jettent. Au début des années 1990, cette mer a été confrontée à une crise écologique d'une extrême gravité. Les concentrations d'azote, de phosphore et de pesticides répandus sur les terres agricoles étaient extrêmement élevées. Cet excédent d'éléments nutritifs provoqua des proliférations massives de micro-organismes. Les métaux lourds s'accumulaient en raison de l'absence de restrictions sur les rejets industriels dans les pays d'Europe centrale et orientale, tandis que la pollution due aux rejets pétroliers et la contamination en pesticides atteignaient des taux jamais atteints.

Les effets cumulés de ces déversements massifs ont eu un impact dévastateur sur les écosystèmes locaux. L'industrie de la pêche s'est effondrée - les poissons n'ont pas survécu à ces changements considérables et une pêche trop intensive a, de surcroît, conduit à leur quasi extinction. Une espèce de méduse introduite accidentellement dans la région s'est rapidement multipliée et a occupé cette niche écologique abandonnée. Des maladies graves, transmises par l'eau - telles le choléra et l'hépatite A - ont été enregistrées dans les régions côtières et l'on a vu apparaître de nombreux "points chauds" où les taux de contamination en métaux lourds étaient particulièrement élevés - à tel point que les chercheurs, croyant à une erreur, ont vérifié leurs instruments lorsqu'ils ont vu les chiffres pour la première fois.

Les événements politiques qui se sont déroulés en Europe centrale et orientale et qui ont conduit à l'effondrement brutal de l'économie de ces régions, ont marqué un tournant décisif pour la santé de la mer Noire. En 1993 - et cela pour la première fois -, des chercheurs de l'UE ont été autorisés à estimer l'ampleur du drame écologique que celle-ci subissait. Un nouvel esprit de coopération s'est très rapidement développé afin d'entreprendre tout ce qui est possible afin de restituer à cette mer ses qualités d'antan.

Il n'était pas aisé de faire face à une telle catastrophe. Des progrès ont néanmoins été réalisés. Les scientifiques du projet EROS - l'une des principales initiatives de l'UE dans ce domaine - ont commencé par étudier en détail les dégâts subis par l'écosystème, tout en observant ce qui continuait à s'y produire. Cette approche rigoureuse , comme le montrent les derniers résultats d'EROS, laisse espérer que la mer Noire peut faire preuve d'une grande capacité à se rétablir naturellement.

La comparaison des résultats recueillis au printemps 1997, comparés à ceux observés en 1995 par le navire océanographique d'EROS, permet de mettre en avant plusieurs signes très positifs indiquant que l'écosystème est en phase de régénération. Les concentrations d'oxygène dans les couches d'eaux superficielles ont sensiblement augmenté. Plusieurs espèces de planctons et d'invertébrés que l'on pensait disparues sont redevenues communes. La population de méduses s'est stabilisée et le nombre d'oeufs et de larves d'anchois a augmenté.

Les mesures réglementaires prises actuellement se basent, dès lors, sur des données scientifiques exactes. Toutes les décharges de la mer Noire seront, par exemple, soumises à des autorisations nationales harmonisées, avant la fin de l'an 2000.»

Source : Des jours meilleurs pour la mer Noire, dossier "La planète marine", RDT Info - Magazine de la recherche européenne (publié par la Commission européenne), no 19, juin-juillet 1998 (site Europa)


Voir aussi :
* Commission de l'environnement et de l'agriculture de l'Assemblée du Conseil de l'Europe, La pêche dans les mers semi-fermées d'Europe. Rapport (Doc 9373, 15 février 2002). Rapporteur: M. Wolfgang Behrendt, Allemagne, Groupe socialiste
* Cette autre présentation des enjeux environnementaux (Black Sea Environmental Programme)
* Caspian Sea Region: Bosporus/Black Sea Issues, juillet 2002 (Energy Information Administration, É.-U.)

Carte

Pays riverains de la mer Noire
Source : National Oceanic and Atmospheric Administration / U. S. Department of Commerce

Marée noire

En mer Noire, le pire est à venir novembre 19, 2007

Posted by acturca in Europe du Sud-Est, Russie, Turquie.
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Le Temps (Suisse)

14 novembre 2007

Quelque deux millions de litres de fioul déversés en mer Noire: la violente tempête qui a pris au piège plusieurs navires dans le détroit de Kertch laisse craindre une catastrophe écologique qui menace les pays riverains, principalement la Russie et l’Ukraine. Depuis mardi, plusieurs centaines de soldats russes ont été déployés pour nettoyer les rives souillées.

11 novembre. Dimanche sombre pour les bateaux et leurs équipages qui se trouvaient dans le détroit de Kertch, sur une mer Noire balayée par une violente tempête. Cinq navires ont fait naufrage (lire LT du 13.11.2007), mais le bilan risque d’être encore plus lourd sur le plan écologique, avec le déversement de plusieurs milliers de tonnes de soufre et surtout de fioul, alors que les mauvaises conditions météorologiques freinent l’organisation des secours et les opérations de nettoyage. Si le Moskovski Komsomolets titre sur «une catastrophe [qui] menace le sud de la Russie», l’Ukraine voisine et riveraine est plus directement concernée. D’après Korrespondent.net, c’est «la pire catastrophe écologique depuis l’indépendance».

Pour Vremia Novostieï, «ce passage particulièrement étroit entre les mers Noire et d’Azov s’est transformé en piège pour plusieurs navires». Le journal souligne que «plus de 20 bateaux ont envoyé un signal de détresse». La Komsomolskaïa Pravda qualifie pour l’occasion le détroit de Kertch de «triangle des Bermudes».

«La tempête de force 6 qui s’est abattue sur la mer d’Azov et la mer Noire a transformé le détroit de Kertch en cimetière de bateaux», commente Vedomosti. «Dans la zone du port russe de Kavkaz mais aussi ceux de Novorossisk et de Sébastopol, il est question d’au moins 10 navires endommagés, dont cinq russes.» Le journal souligne que le «week-end de tempête» a également frappé l’Europe du Nord.

Mais l’inquiétude porte surtout sur les dégâts causés à l’environnement. D’après les Novyé Izvestia, Vladimir Sliviak, un responsable de l’ONG écologiste Ecozachtchita, s’inquiète des effets du pétrole sur l’écosystème marin et craint surtout que les déchets qui s’accumulent au fond ne puissent être récupérés.

Dans Korrespondent.net, un expert ukrainien s’inquiète pour sa part du fait que l’Ukraine n’est pas préparée à ce genre de catastrophes et «manque de moyens techniques et de personnel compétent» pour les opérations de nettoyage. «La situation se détériore en raison de la tempête», qui empêche notamment l’installation de barrières flottantes pour circonscrire la marée noire. Ce qui laisse craindre pour les plages de Crimée et la prochaine saison touristique.

Côté russe, «le parquet tente déjà de comprendre pourquoi les capitaines de navires n’ont pas réagi aux avis de tempête», soulignent les Novyé Izvestia. Pour la Nezavissimaïa Gazeta, «l’administration russe des transports a perdu la bataille contre la tempête annoncée par la météo». «Le plus terrible est que nos autorités savent faire du commerce et transporter des marchandises mais sont incapables d’assurer toute sécurité», dénonce l’expert Lev Fiodorov, président de l’Union pour la sécurité chimique. «Ces accidents prouvent une chose: la Russie comme l’Ukraine ne savent toujours pas transporter des cargaisons dangereuses en respectant les exigences des conventions internationales.»

Enfin, les presses bulgare et roumaine suivent également de près l’évolution de la situation, se rassurant, à l’instar de Gandul de Bucarest, sur le fait que les courants sous-marins ne risquent pas de pousser le pétrole vers leurs côtes. La «nappe de fioul se trouve à quelques centaines de kilomètres de notre rivage», écrit Dnevnik de Sofia, qui a également interviewé Andreï Markov, le directeur de la protection civile du port de Varna. «La probabilité que nous soyons touchés est minime, mais nous nous préparons à intervenir si la marée noire s’approche de la Bulgarie. Nous avons le matériel approprié», a-t-il déclaré. La Bulgarie a également proposé d’envoyer un de ses experts sur les lieux de la catastrophe.«Courrier international»

Moskovski Komsomolets. Un des rares gros tirages du pays de Russie, fleuron de la presse populaire. Diffusion: 1160000 ex.

Korrespondent.net. Principal journal ukrainien en ligne.

Vremia Novostieï. Malgré ses moyens modestes, ce quotidien de qualité rend compte de façon nuancée de l’essentiel de l’actualité russe et internationale. Diffusion: 51000 ex.

Komsomolskaïa Pravda. Journal populaire russe, parfois à la limite du journal à scandale, mais fiable. Diffusion: 1400000 ex.

Vedomosti. Quotidien économique russophone de référence, publié en partenariat avec le «Financial Times» et le «Wall Street Journal». Diffusion: 65100 ex.

Novyé Izvestia. Quotidien russe qui offre un panorama d’informations politiques, sociales et culturelles, illustrées de caricatures. Populaire et de bonne qualité. Diffusion: 107200 ex.

Nezavissimaïa Gazeta. Démocrate sans être libéral, ce quotidien fut une tribune critique de centre gauche. Aujourd’hui moins austère, plus accessible et moins virulent. Diffusion: 42000 ex.

Gandul. Quotidien roumain qui se veut le vecteur d’un journalisme honnête et professionnel. Diffusion: 35000 ex.

Dnevnik. Quotidien bulgare d’information générale, très réputé.

Une catastrophe écologique menace la mer Noire

La Croix (France), Jeudi 15 Novembre 2007, Catherine Rebuffel

La Russie enquête sur les responsabilités des autorités du port de Kavkaz dans le naufrage de quatre navires, dimanche, au débouché de la mer d’Azov.

Le parquet russe chargé des transports a ouvert une enquête contre le directeur du port de Kavkaz, après que quatre navires ont sombré, dimanche, à proximité de ce complexe portuaire, en mer Noire, dans une tempête. « Une enquête pour négligence a été ouverte contre le capitaine du port de Kavkaz, Andreï Iovlev. Il est soupçonné d’avoir failli à assurer la sécurité des navires dans le détroit de Kertch », a indiqué à l’Agence France-Presse une porte-parole du parquet de Rostov-sur-le-Don, Elena Velikova.

Dimanche, un bateau-citerne, le Volganeft-139, s’est brisé en deux, laissant s’échapper 2 000 tonnes de mazout, et trois navires chargés de soufre ont coulé, dans le détroit de Kertch qui sépare la mer Noire de la mer d’Azov, laissant craindre une catastrophe écologique. D’autres responsables russes risquent d’être poursuivis.

Mardi, le premier ministre Viktor Zoubkov s’est rendu dans la région afin de rencontrer son homologue ukrainien Viktor Ianoukovitch. Les deux hommes ont tenté de mettre au point une stratégie commune afin de coordonner leurs efforts et de limiter l’extension de la nappe.

Les risques d’une catastrophe écologique paraissent de plus en plus grands. Alors que le mauvais temps et les vents violents persistent, la marée noire s’étend sur le rivage russe où 500 soldats et 230 autres sauveteurs ont été déployés. Armés de pelles, ils retirent d’épaisses plaques de mazout, évacuées ensuite à bord d’une vingtaine de camions.

Le gouverneur de la région estime à 30 000 le nombre d’oiseaux déjà morts. La majeure partie du mazout échappé s’est déposée sur les fonds marins et pourrait être rejetée sur les côtes dans les prochains jours. Trois mille tonnes de mazout reposent toujours dans les soutes du Volganeft-139.

Selon l’association russe de défense de l’environnement, Ekozachtchita (Ecodéfense), la restauration de l’écosystème dans la région pourrait prendre une décennie. Le détroit de Kertch est une zone importante pour les oiseaux migrateurs ainsi que pour les tortues de la mer Noire.

Par ailleurs, le sort de 20 marins portés disparus dans la tempête est de plus en plus incertain. Parmi eux, les 15 membres d’équipage (13 Syriens, un Égyptien, un Tunisien) d’un navire battant pavillon géorgien et transportant 5 600 tonnes de ferraille, qui a coulé au large de l’Ukraine. Les corps de trois autres marins ont été repêchés. En revanche, les sauveteurs ont réussi à mettre hors de danger 35 membres d’équipages pris dans la tempête.

Rudesse de l'hiver dans le sud: la mer d'Azov transformée en patinoire

 
 
14:14 | 15/ 01/ 2008
Version imprimée

SIMFEROPOL, 15 janvier - RIA Novosti. La mer d'Azov a gelé suite aux froids intenses qui sévissent en ces premiers jours de 2008, se transformant en lieu de promenade favori de la population des alentours, annonce le service de presse du ministère ukrainien des Situations d'urgence.

L'épaisseur de la glace dans le détroit de Kertch, qui relie la mer d'Azov et la mer Noire, atteint 25 centimètres. Les habitants des villes et villages côtiers patinent et se promènent sur la glace, souvent accompagnés d'enfants. Les amateurs de pêche blanche s'en donnent à coeur joie en perçant des trous à des dizaines de mètres de la berge.

La température étant supérieure à zéro, la glace commence à fondre. Le MSU ukrainien a prévenu les habitants qu'ils prenaient des risques inconsidérés en se promenant sur la glace.

"Personne ne peut savoir à quel endroit la glace peut se rompre, mais malgré les nombreux avertissements, certains continuent à se promener au péril de leur vie", fait remarquer le ministère.

Depuis le début de l'année, huit personnes dont deux enfants sont morts après être tombés dans l'eau glacée.