04.01.2010

La Russie inaugure un terminal pétrolier dans le Pacifique

Publié le 28/12/2009 à 10:05 Reuters

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Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a inauguré un terminal pétrolier dans le Pacifique censé permettre à la Russie de conquérir les marchés asiatiques.
"C'est un beau cadeau de Nouvel An pour la Russie", a déclaré Vladimir Poutine devant des ouvriers dans le port de Kozmino, près de Vladivostok, en Extrême-Orient russe.
"C'est l'achèvement de l'un des plus grands projets de la Russie contemporaine. C'est un projet stratégique car il (nous) permet de pénétrer de nouveaux marchés, les marchés en croissance d'Asie-Pacifique", s'est réjoui le chef du gouvernement.
La Russie cherche depuis longtemps à diversifier ses exportations pétrolières essentiellement tournées vers l'Occident, son principal partenaire commercial.
Une fois achevé l'oléoduc reliant les champs pétrolifères de Sibérie à Kozmino, le port oriental deviendra le troisième plus important terminal pétrolier du pays après ceux de Primorsk, sur la mer Baltique, et de Novorossisk, sur la mer Noire.
Actuellement, le pétrole est acheminé de Sibérie à Kozmino par des trains sur une partie du trajet.
Selon Vladimir Poutine, la construction du terminal de Kozmino a coûté deux milliards de dollars (1,39 milliard d'euros) à la compagnie pétrolière publique Transneft, qui a aussi déboursé 12 milliards de dollars pour un premier tronçon de l'oléoduc. Le second tronçon, qui doit être achevé dans quatre ans, devrait lui coûter dix milliards de dollars.
La Russie, premier producteur mondial de pétrole, prévoit d'exporter 250.000 barils par jour via Kozmino au premier trimestre 2010. Les exportations pourraient atteindre 600.000 bpj dans les prochaines années.

27.12.2009

Moscou s'attend à des difficultés sur la facture gazière de Kiev


Par Reuters, publié le 25/12/2009 à 17:01 - mis à jour le 25/12/2009 à 20:17, http://www.lexpress.fr/actualites/2/moscou-s-attend-a-des-difficultes-sur-la-facture-gaziere-de-kiev_838539.html

MOSCOU - La Russie a annulé ses exportations de pétrole de janvier via les ports d'Ukraine et a dit craindre que Kiev ait des difficultés à régler sa facture de gaz, signes possibles d'une reprise des différends commerciaux qui ont affecté l'approvisionnement énergétique de l'Europe.
Installation gazière à Orlovka, dans le sud de l'Ukraine. Selon l'agence de presse RIA qui cite le directeur général de Gazprom, Alexeï Miller, le monopole gazier russe a estimé que l'Ukraine éprouvait des difficultés à régler sa facture de gaz. (Reuters/Gleb Garanich)

Installation gazière à Orlovka, dans le sud de l'Ukraine. Selon l'agence de presse RIA qui cite le directeur général de Gazprom, Alexeï Miller, le monopole gazier russe a estimé que l'Ukraine éprouvait des difficultés à régler sa facture de gaz. (Reuters/Gleb Garanich)

L'Europe reçoit 25% de son gaz de la Russie. En janvier 2006 et janvier 2009, des désaccords russo-ukrainiens en matière de tarification avaient entraîné la suspension du ravitaillement de l'Europe en gaz.

La Biélorussie, autre pays clé pour le transit énergétique, avait aussi interrompu les livraisons de pétrole russe vers l'Europe en janvier 2007, ternissant un peu plus l'image de la Russie - premier exportateur mondial de pétrole et de gaz - en tant que fournisseur d'énergie.

Des analystes s'attendent à ce que la Russie évite d'adopter une attitude dure à l'égard de Kiev cette année à l'approche de l'élection présidentielle ukrainienne de janvier, dans l'espoir de voir désigner un dirigeant relativement favorable à Moscou.

L'Ukraine s'est régulièrement acquittée de ses factures gazières cette année, mais celle de décembre, exigible avant le 11 janvier, pourrait atteindre un milliard de dollars (contre 700 millions en novembre) du fait d'une chute des températures.

Le monopole gazier russe Gazprom a noté vendredi que l'Ukraine avait réduit ses achats de gaz ces derniers jours.

"Nous jugeons la situation très alarmante en ce qui concerne les paiements des livraisons de gaz naturel russe en décembre", a déclaré Alexeï Miller, directeur général de Gazprom, à l'agence officielle russe RIA.

PAS DE BRUT POUR IOUJNY

"A la mi-décembre, on a observé une tendance à la baisse du prélèvement de gaz qui confirme que l'Ukraine connaît de sérieuses difficultés concernant ses (futurs) paiements de gaz", a ajouté Miller.

La Russie achemine 80% de ses exportations de gaz par le territoire ukrainien et le reste via la Biélorussie.

La quantité de pétrole russe transitant par les ports d'Ukraine est certes moindre, mais de première importance pour les marchés méditerranéens.

Des négociants ont déclaré vendredi que Transneft, le monopole russe des oléoducs, avait demandé aux compagnies pétrolières d'annuler les exportations de brut qui devaient passer par le port de Ioujny, sur la mer Noire, sans donner d'explications à ce sujet.

"Il n'y aura pas de livraisons en janvier (via Ioujny)", a dit un négociant qui a demandé à conserver l'anonymat.

"On saura lundi quelles options seront proposées (par Transneft)", a déclaré un autre négociant.

Les compagnies pétrolières devront dérouter environ 500.000 tonnes de brut vers d'autres destinations - par exemple le port russe de Novossiisk, sur la mer Noire, ou celui de Primorsk, sur la Baltique.

Parmi les compagnies affectées figurent Rosneft, TNK-BP et Tatneft.

Ioujny est le dernier port ukrainien par lequel transite le brut russe destiné à l'Occident, Moscou ayant cessé au début de l'année d'exporter du brut via celui d'Odessa. En 2008, Odessa et Ioujny avaient vu transiter plus de 15 millions de tonnes de brut de Russie, soit de quoi alimenter une grande raffinerie pendant un an.

06.08.2009

Turkmenistan, gas and stability

Elsewhere in Turkestan

Jul 9th 2009 | ASHGABAT
From The Economist print edition

A modicum of normality breaks out

 

Illustration by Claudio Munoz

WHEN Gurbanguly Berdymuhammedov succeeded Turkmenistan’s megalomaniac president, Saparmurat Niyazov, in December 2006, there was little immediate sign of change. The former dentist and health minister announced he would follow in the footsteps of the late dictator, who styled himself “Turkmenbashi” or “Father of the Turkmen”.

But more than two years on, much has changed, notably the personality cult surrounding the former president. Many golden statues in the capital, Ashgabat, have been taken down, though plenty remain, including the huge one that rotates so that Turkmenbashi always faces the sun. The late ruler’s North Korean-style political philosophy, the Ruhnama, is no longer taught in schools.

A year ago Mr Berdymuhammedov reversed one of Turkmenbashi’s more idiotic innovations by restoring recognisable names for days of the week and months of the year. January had been renamed Turkmenbashi and April was Gurbansoltan after his mother; Wednesday was “blessed day”, followed by “virtue day”. Turkmens couldn’t remember what date it was.

An émigré returning after several years away says a gentle change is blowing across the country, like the wind that deposits black sand from the Karakum desert over Niyazov’s white marble capital. Mr Berdymuhammedov sits on an ordinary chair for televised cabinet meetings, unlike Niyazov who occupied a gold throne. Public portraits of the new leader depict him with white roses and a white dove. Though criticising Niyazov is taboo, the official line is that his altyn asir (golden age) has been superseded by Mr Berdymuhammedov’ s taze galkynysh (great revival).

Niyazov’s mania isolated Turkmenistan. It distanced itself from Russia; took little part in the Commonwealth of Independent States, which links the former Soviet republics, and opted out of the Shanghai Co-operation Organisation of the other Central Asian nations, Russia and China. Demonstrating his go-it-alone philosophy, Niyazov renamed December “neutrality”. The internet was banned and there was no foreign news on television, so Turkmens knew little of the world beyond the Karakum desert. Now the internet is available (though many sites are blocked) and satellite dishes are ubiquitous.

The opening up is needed. Turkmenistan sits on the world’s fourth-largest reserves of natural gas. With no ocean-going ports, gas exports have to be piped through Russia, which pays less than $200 per 1,000 cubic metres—two years ago it was half this amount. Gas trades in western Europe for around $350.

At the moment the government has no choice but to sell to Gazprom. But it is not short of other suitors. China is building a pipeline which from 2011 will connect gasfields in Turkmenistan, Uzbekistan and Kazakhstan with China itself (through riot-torn Xinjiang). India, Pakistan and the European Union (EU) are also anxious to get their hands on Turkmen gas. To do so they, too, need to invest in pipelines.

Instability in Afghanistan and the West’s distrust of Iran make foreign investment in a southern or south-eastern gas pipeline unlikely. January’s gas supply hiatus between Russia and Ukraine makes it more likely that the EU-sponsored Nabucco pipeline will be built, though it will be 2015 at the earliest before it enters service. But while Nabucco could supply Europe with gas from Azerbaijan, it would not help Turkmenistan, which would also need a pipeline under the Caspian if it is to bypass Russia and Iran. That is fraught with difficulties as there is no seabed agreement between the riparian states.

Turkmenistan is now choosing a contractor to build an internal gas network. This will link new gas discoveries near the Afghan border, including South Yolotan-Osman which ranks among the largest in the world, with Caspian basin fields. But Turkmenistan still needs a new export pipeline. The country’s biggest foreign investor, Turkey, says it is ready to take part in the Nabucco project. If this can be linked to Turkmenistan, and if Mr Berdymuhammedov can resist Russian arm-twisting, then his country could become a big beneficiary of Russia’s strained relations with Ukraine and of the uncertainty bedevilling Afghanistan and the Middle East.

14.05.2009

Bye Bye, Eurasian Pipelines?


by Ariel Cohen International Herald Tribune
Wednesday, May 13, 2009

The 1990s were a boom decade for Western energy companies tapping into Caspian oil and gas. Three important oil pipelines were built - the Caspian Pipeline Consortium (CPC), Baku- Supsa to the Black Sea, and the Baku-Tbilisi-Ceyhan (BTC) to the Mediterranean - as well as the Baku-Tbilisi-Erzurum (BTE) pipeline transporting gas to Turkey. How times have changed! A host of factors today are turning proposed Westbound gas pipelines into a Eurasian pipe dream. The United States is focused elsewhere - on Iraq, Iran, Afghanistan, Pakistan and the Arab-Israeli diplomatic quagmire - and the Obama administration is advocating a massive shift to alternative energy. European energy policy is adrift.

In addition, there are powerful economic factors that militate against the multi-billion dollar investments needed to bring the Caspian energy resources to market: oil at $50 a barrel is considerably less attractive then oil at $75; the global recession and credit crunch have sharply reduced available financing; European energy demand is in decline; and there is no strong Western private- sector champion for such projects.

In the meantime, Russia is working to corner energy exports from Azerbaijan and Turkmenistan while China is buying up hydrocarbon companies in Kazakhstan like hot cakes and developing Turkmen gas fields.

Multiple pipelines from the Caspian region and Central Asia, such as those pumping Turkmen gas and Kazakh oil lines to China and the BTC to the Mediterranean, have increased the energy exporters' bargaining capacity.

China has turned into a hungry, 800-pound gorilla in the energy market. The planned construction of Russia-China oil and gas pipelines from Eastern Siberia may decrease the availability of resources for the West and shift the economic center of gravity in Eurasia further East.

In addition, Russia itself has become a more lucrative client for Central Asian and Caspian energy. One reason for building the BTC and the BTE to Turkey was that Russia was grossly underpaying for energy which it re-exported to Europe. Today, the Russian gas monopoly Gazprom is paying a premium and boasts of pipeline overcapacity. So less gas is left for the Western-controlled pipelines.

Despite the recession, Russia is moving with the Blue Stream and South Stream projects across the Black Sea to Turkey and Bulgaria in order to keep market share. Gazprom is enhancing its influence in Ankara at the highest levels.

Much-ignored, the role of Turkey in Eurasian energy transit is also crucial. Turkish intransigence has delayed and reduced in size the development of the Caspian off-shore Shah Deniz gas project.

Ankara has also placed daunting conditions of the construction of the proposed Nabucco gas pipeline from Turkey to Europe, which is meant to provide an alternative to Russian-controlled gas, linking the project with Turkey's membership in the European Union, acquiring large amounts of Azeri gas for re-export and using the line for Russian and Iranian gas.

Despite all these factors, the United States and Europe should not lose sight of the strategic importance of Eurasian pipelines. At stake is access to an energy treasure-trove worth up to $4 trillion, and giant fields elsewhere are approaching exhaustion. And the pipelines are a critical source of revenue for the economic development of newly independent states in Central Asia and the Caucasus.

Ambassador Richard Morningstar, President Barack Obama's new Eurasian energy czar, has the deck stacked against him. But he successfully promoted the Baku-Tbilisi-Ceyhan oil pipeline in the 1990s, and may be able to pull it off again.

The United States and Europe should encourage Turkey to become a gas hub for the Caspian, and eventually Iraqi gas, by facilitating Nabucco's construction. They should encourage a private energy company to become a strong private-sector champion for Nabucco.

The West should also end its diplomatic neglect of Turkmenistan and provide a strong commitment to build a Trans-Caspian gas pipeline to link up with BTE. The Obama administration should quickly appoint an ambassador to Turkmenistan - the position is vacant for over two years - and an invitation to the White House for President Gurbanguly Berdymukhammedov may be in order.

The United States and the Europeans should not miss the opportunity to receive affordable Caspian energy and support the independence of critical post-Soviet states. Despite the economic slump, it is worth taking the chance now, before Russia and China lock the Caspian countries in the Sino-Russian "co-prosperity zone."

(Ariel Cohen is a senior research fellow in Russian and Eurasian Studies at the Heritage Foundation and the author of "Kazakhstan: The Road to Independence. Energy Policy and the Birth of a Nation.")

(C) 2009 International Herald Tribune. via ProQuest Information and Learning Company; All Rights Reserved

27.03.2009

La crise gazière russo-ukrainienne. Un exemple de guerre de l’information

23-03-2009 dans Guerre de l'information

La crise du gaz russo-ukrainienne de 2008-2009 peut être analysée de points de vue économique, politique, géostratégique, etc. Néanmoins, je voudrais attirer l’attention sur la guerre de l’information pendant cette crise. Maintenant, il est évident que l’Ukraine a perdu ce combat. Les réactions assez passives du côté ukrainien comme européen sont assez étonnantes car déjà, en 2003, la Russie avait fait état de ses méthodes en adoptant de manière officielle une stratégie énergétique dans laquelle il était mis l’accent sur l’énergie comme un  instrument de la politique étrangère. Ce fait n’avait pas alors attiré grande attention. Pourtant, en 2003, la Russie a coupé la  livraison en pétrole d’un port letton. Par ce biais, le gouvernement letton avait été puni pour sa politique à l’égard de la minorité russe. Puis se multiplièrent les coupures de gaz à destination du Belarus en 2004 et surtout de l’Ukraine durant les dites guerres du gaz des hivers 2005-2006 et 2008-2009.

Pendant la dernière crise gazière,  la position de la Russie et de Gazprom fut présentée au monde entier de manière positive pendant que les explications ukrainiennes n’étaient pas relayées dans la plupart des médias occidentaux. Les ambassades ukrainiennes restaient assez passives en attendant d’éventuelles consignes de leur ministère de tutelle tandis que les ambassades des pays européens à Kiev ont rencontré des problèmes spécifiques pour appréhender les différentes raisons de la crise. Par exemple, comprendre les aspects techniques de cette crise n’est pas si aisé pour un personnel diplomatique ayant plutôt une formation en sciences humaines, en droit et en économie qu’en sciences exactes. La Russie a vite accusé l’Ukraine de vol de gaz. Cette position russe a pu être relayée par le personnel des ambassades européennes à Moscou avant d’être soutenue par certains hommes politiques européens comme le député français Thierry Mariani qui a écrit que « le transit du gaz russe destiné à l’Europe a aussitôt été entravé et Gazprom n’a eu d’autre choix que de fermer les robinets d’exportation de gaz » [1].

Néanmoins, les besoins de l’Ukraine en gaz pendant la crise furent assurés par sa propre production de gaz et par ses propres stocks créés auparavant. Cela garantit à l’Ukraine une autonomie gazière pendant 6-8 mois. L’accusation portée contre l’Ukraine d’arrêter le transit semble infondée. L’Ukraine n’a pas arrêté le transit du gaz russe de son territoire en direction des autres pays européens. La situation de pénurie serait liée aux actions russes. Le régime des températures hivernales conditionne l’utilisation technologique d’une partie du gaz du transit pour le fonctionnement du système ukrainien des gazoducs et sans cette utilisation d’une partie du gaz du transit, son transport n’est pas possible techniquement. Enfin les experts européens étudiant la situation sur place sont arrivés aux conclusions que l’Ukraine n’a pas volé le gaz, ce qui est le principal.

A noter que cette crise peut aussi montrer l’importance de l’intelligence économique dans le monde actuel. L’Ukraine a dû effectuer la réorganisation de son système de gazoducs pour assurer son chauffage pendant la crise. Cette procédure est un processus très compliqué et difficile à mettre en œuvre, d’où l’idée pour certains que l’Ukraine était prête (ou prévenue ?) à rencontrer ce défi. Dans tous les cas les techniciens ukrainiens ont été à la hauteur. Dans ce sens, il est regrettable que lorsque les techniciens ont assuré le chauffage du pays, les hommes politiques ne furent même pas capables de se réunir pour préparer et réaliser une bonne stratégie de communication.

Selon l’avis de l’ancien attaché de défense français en Ukraine (1999-2001), le colonel (ER)   Jean-Yves Bourhis, « à la différence de la crise énergétique russo-ukrainienne trois ans plus tôt, la Russie a mis, dans celle de 2009, un soin tout particulier à maîtriser sa communication extérieure. Les voies de cette action médiatique en ont été la parfaite campagne d’explication menée conjointement par le premier ministre Poutine et le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev. Ce dernier s’est déplacé dans plusieurs capitales dés les premiers jours de la crise, début 2009. D’autre part, le recours aux observateurs étrangers invités sur les installations russes et ukrainiennes a créé les conditions d’un pseudo-tribunal d’experts dont le jugement a été reconnu, qu’il soit justifié ou non. Avec les mêmes arguments qu’auparavant, mais une communication appropriée, la Russie a gagné. Au niveau de son Parlement, comme de M.Barroso, l’Union européenne a réagi vertement mais en épargnant ni la Russie ni l’Ukraine, alors qu’en 2006, seule la Russie était critiquée ».

La crise actuelle fut provoquée avant tout pour des motifs politiques. L’un des buts russes était de discréditer l’Ukraine comme partenaire fiable, abaisser son poids géopolitique et géoéconomique, obtenir le contrôle du système des gazoducs ukrainiens. Evidemment l’Ukraine a perdu son image de pays de transit du gaz stable et sûr. Par ailleurs, il faut tenir compte que, dans un an, l’Ukraine organisera les élections présidentielles avec le contexte politique interne suivant : la cote de popularité du président actuel Iouchtchenko est en baisse et le leader du  parti d’opposition, le Parti des régions, Viktor Yanoukovitch, l’ancien adversaire d’Iouchtchenko pendant les élections de 2004,  peut présenter sa candidature en rappelant que, lorsqu’il était chef du gouvernement, l’Ukraine avait eu un hiver tranquille en 2006—2007 sans crise du gaz. La Russie est-elle décidée à utiliser des méthodes plus subtiles mais plus sensibles pour favoriser indirectement le choix du président ukrainien ?

A noter qu’en pleine crise du gaz, le ministre français de la défense Hervé Morin a souligné qu’il convient d’examiner la question de la possible adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN en accord avec la Russie [2]. Celle-ci, avec la crise du gaz, fait la démonstration qu’elle peut faire entendre sa voix et pas uniquement par des moyens militaires.

En général, le coup médiatique porté à l’Ukraine est d’autant plus sensible que ce pays avait obtenu la proposition d’élaboration d’un Traité d’association faite au sommet UE-Ukraine du 9 septembre 2008 au cours de la présidence française de l’UE. On peut se poser la question suivante : à qui peut-il être utile d’endommager l’image de l’Ukraine au moment où, pendant plusieurs conférences et symposiums internationaux, se renforcent les appels des Etats-membres de l’UE à l’Ukraine à se concentrer sur la question de l’intégration européenne et de ne pas insister sur son adhésion à l’OTAN ? Cette crise du gaz peut à terme ralentir la coopération UE-Ukraine.

La crise gazière de 2008-2009 a montré que l’Ukraine doit apprendre à mener une guerre de l’information et soutenir ses intérêts nationaux dans le monde entier si elle ne souhaite pas jouer le rôle humiliant de bouc émissaire.

[1] Thierry Mariani (2009), « Crise du gaz en Europe : qui est le vrai responsable ? » Le Figaro,14 janvier.

[2] Hervé Morin (2009), « Frantsia : Raschirenie NATO noujno soglasovyvat s Rossiej », 12 janvier, sur www.podrobnosti.ua

Oksana Mitrofanova, docteur en Sciences Politiques, directrice des programmes européens au Centre des recherches stratégiques (Kiev, Ukraine), maître de conférences invité à l’Université Panthéon-Assas Paris II (Paris, France).

06.01.2009

Signature d'un partenariat énergétique russo-serbe

LE MONDE | 26.12.08 | 16h02 • Mis à jour le 26.12.08 | 16h02

e géant russe Gazprom contribuerait-il à l'intégration européenne des Balkans? C'est du moins l'hypothèse du président serbe Boris Tadic, de passage à Moscou, mercredi 24 décembre, pour y signer un "partenariat énergétique" entre les deux pays. Selon les termes de cet accord, Gazprom prendra le contrôle du monopole pétrolier serbe NIS, et le gazoduc South Stream, souhaité par la Russie pour expédier son gaz vers l'Europe, passera par le territoire serbe.

"Nous voulons entrer dans l'Europe", a déclaré M.Tadic. "Ce gazoduc qui traverse la Serbie nous permet de faire partie d'un grand projet européen." Avec cet accord russo-serbe, Gazprom (propriété de l'Etat russe à 50,1 %) acquiert 51 % de l'entreprise publique NIS, dont la privatisation était dans les cartons depuis 2005, pour 400 millions d'euros. Le géant russe s'est également engagé à investir 500 millions dans l'entreprise d'ici à 2012 et à construire un dépôt de gaz à Banatski Dvor, dans le Nord de la Serbie. Gazprom va aussi financer l'installation des 400 kilomètres du gazoduc South Stream en territoire serbe.

Car au-delà de l'acquisition d'actifs, ce "partenariat énergétique" permet surtout à Moscou de sécuriser une tranche supplémentaire de son grand projet de contournement des pays de transit. Les relations exécrables qu'entretient Moscou avec l'Ukraine, qui fait transiter 80 % du gaz à destination de l'Europe, ainsi que les sautes d'humeur ponctuelles du partenaire de transit biélorusse, incitent la Russie à chercher depuis des années des voies de contournement.

"Arrangement politique" Gazprom, qui fournit 26 % du gaz consommé en Europe et qui possède le quart des réserves mondiales, planche sur deux projets de contournement : Nord Stream, reliant directement la Russie et l'Allemagne par la mer Baltique; et South Stream, entre le Caucase russe et les Balkans via la mer Noire, qui pourrait entrer en service dès 2013. Développé en partenariat entre Gazprom et l'italien ENI, le projet est estimé à plus de 10 milliards d'euros.

Mais à Belgrade, le "partenariat énergétique" ne fait pas que des heureux. Le ministre serbe de l'économie, Mladjan Dinkic, s'est retiré, en décembre, du comité chargé de mettre l'accord russo-serbe au point. M.Dinkic s'inquiète d'une entente où seule la vente de NIS a "un caractère contraignant" pour la Russie; "la Serbie n'a pas de garantie d'obtenir un jour un gazoduc majeur", selon le ministre serbe. Par ailleurs, un cabinet d'audit a estimé à 2,2 milliards d'euros la valeur de NIS, un montant nettement supérieur à l'entente signée à Moscou.

Au-delà des querelles de chiffres, "il s'agit surtout d'un arrangement politique", estime le journal Kommersant. Avec cet accord, "c'est un véritable partenariat stratégique que la Serbie a choisi de mettre en place avec Moscou", selon le quotidien économique russe.


Alexandre Billette

19.11.2008

Sommet énergétique de Bakou: contourner la Russie

RIA NOVOSTI

13:47 | 14/ 11/ 2008


BAKOU, 14 novembre - RIA Novosti. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev saluant vendredi les participants au IVe sommet énergétique à Bakou, a noté que le projet d'oléoduc Odessa-Brody (Ukraine) "avait de bonnes perspectives" et "élargissait la coopération énergétique des pays de la Caspienne et de la mer Noire".

Le sommet qui a pour thème le transport du pétrole caspien et centrasiatique vers l'Europe centrale a réuni les présidents turc Abdullah Gul, géorgien Mikhaïl Saakachvili, ukrainien Viktor Iouchtchenko, polonais Lech Kaczynski et lituanien Valdas Adamkus.

L'oléoduc ukrainien est destiné à assurer les livraisons de pétrole caspien vers l'Europe en contournant la Russie mais jusqu'à présent, il est utilisé uniquement pour transporter de faibles quantités (jusqu'à 9 millions de tonnes par an) de brut russe, en raison de l'absence d'embranchement en direction de la Pologne.

Le commissaire européen en charge de l'Energie, Andris Piebalgs et des officiels d'une vingtaine de pays, dont deux premiers ministres et un vice-premier ministre y prennent part.

Au vu des résultats du sommet les chefs d'Etat signeront une déclaration de Bakou. Le premier sommet énergétique s'est déroulée en mai 2006 à Cracovie (Pologne), le deuxième en novembre 2007 dans la capitale lituanienne et le troisième en mai 2008 à Kiev.

13.11.2008

L'Europe face au défi de la dépendance au gaz russe

LE MONDE | 12.11.08 | 15h13  •  Mis à jour le 13.11.08 | 09h26


e conflit entre la Russie et la Géorgie, en août, a relancé le débat sur les liens énergétiques entre l'Union européenne (UE) et la Russie, dont les chefs d'Etat et de gouvernement doivent se retrouver, vendredi 14 novembre à Nice, pour un sommet consacré à leur "partenariat".
L'UE doit améliorer la "sécurité" de son approvisionnement énergétique, notamment par un mécanisme de solidarité entre pays membres, estime, selon l'AFP, la Commission européenne dans un rapport qui doit être présenté jeudi. En ligne de mire : le poids du géant russe Gazprom et son étroite imbrication avec la politique étrangère du Kremlin.

A deux jours de l'arrivée du président russe, Dmitri Medvedev, à Nice, Gazprom a semblé vouloir démontrer son influence en annonçant, mercredi, une baisse du prix du gaz pour l'Europe "à partir du début 2009".

Mais un récent rapport du European Council on Foreign Relations (ECFR), organisme indépendant de réflexion financé par George Soros, bouscule quelques idées couramment admises. D'abord, dit cette étude réalisée par un chercheur français rattaché à l'université de Cambridge, Pierre Noël, l'Europe n'est pas condamnée à être dépendante de la Russie, et elle ne l'est d'ailleurs pas tant que cela. Depuis dix ans, la part russe dans les importations européennes de gaz est passée de 75 % à 40 %.

L'Europe a diversifié ses sources, se tournant vers la Norvège, l'Algérie, le Nigeria, le Moyen-Orient. De plus, l'avenir ne sera pas forcément "plus" russe, puisque, faute de certains investissements, Gazprom pourrait rencontrer des difficultés pour satisfaire la croissance de la demande européenne.

Si Gazprom semble jouer néanmoins en position de force, suscitant des angoisses et des divisions en Europe, c'est parce que les pays de l'UE traitent chacun séparément avec lui, en l'absence d'un marché énergétique intégré, constate cette étude.

La solution, plaide l'ECFR, est que la France et l'Allemagne aillent dans le sens de la création d'un marché intégré européen, ainsi que l'appelle de ses voeux la Commission de Bruxelles depuis plusieurs années. Les blocages sont cependant puissants. Une forte résistance vient des grandes sociétés énergétiques soucieuses de préserver leur position de champions nationaux.

Ce problème, argumente Pierre Noël, est au coeur de l'incapacité de l'Europe à formuler une politique étrangère commune forte en direction de la Russie, alors que parler d'une seule voix apparaît de plus en plus nécessaire. "Lorsque (l'ancien président) Vladimir Poutine s'est lancé dans une politique étrangère plus ambitieuse et plus agressive, le coût politique de la segmentation du marché gazier européen est devenu évident", écrit l'auteur.

Si l'Union européenne peine à s'unifier face à Moscou, c'est aussi parce que "quand il s'agit du gaz, un rideau de fer semble encore couper l'Europe en deux". Certains petits pays, nouveaux membres de l'UE, connaissent une dépendance énergétique écrasante vis-à-vis de Moscou, même s'ils représentent pour Gazprom des marchés de moindre importance. Six des nouveaux Etats membres dépendent à plus de 80 % du gaz russe.

En Europe occidentale, la situation est très différente. Les volumes importés sont, du fait de la taille des marchés, bien plus importants, mais la dépendance est moindre. Les grands pays importateurs, partenaires stratégiques de Gazprom, sont l'Allemagne et l'Italie. La France est troisième.

Dans la diplomatie qu'elle déploie, "la Russie est en mesure d'exploiter ces variations" entre grands pays importateurs et petits pays de l'Est, dit l'ECFR. "Moscou propose des partenariats énergétiques privilégiés" à certaines compagnies nationales, "chose à laquelle les gouvernements résistent avec difficulté, même si des conditions politiques y sont attachées. L'Allemagne et l'Italie peuvent être ainsi amenées à satisfaire des demandes politiques de la Russie aux dépens de l'unité européenne", souligne ce rapport, en allusion aux projets de gazoducs sous la mer Baltique et South Stream.

"Si l'Europe avait un marché gazier intégré et concurrentiel, les contrats bilatéraux entre Gazprom et des importateurs allemand, italien ou français seraient "européanisés", poursuit-il. Ils n'apporteraient plus du gaz en Allemagne, en Italie ou en France, mais en Europe." Cela contribuerait à "aider les pays de l'est européen à surmonter leur syndrome d'insécurité gazière".

Après la guerre de Géorgie, l'UE a annoncé des efforts pour réduire le sentiment de dépendance énergétique. Mais rien n'a été annoncé à propos de la segmentation du marché européen, puissant facteur jouant au profit de Moscou. "La présidence française de l'UE, qui a pourtant fait de l'énergie une de ses priorités, a négligé ce dossier-là", nous déclare Pierre Noël.

 

Natalie Nougayrède
Article paru dans l'édition du 13.11.08

04.11.2008

La Russie veut racheter la part de l'Oman dans les oléoducs de la Caspienne


MOSCOU - La Russie souhaite racheter la part de l'Oman dans le consortium d'oléoducs de la Caspienne (KTK) qui acheminent du pétrole kazakh vers la côte russe de la mer Noire, a déclaré jeudi le Premier ministre russe Vladimir Poutine cité par l'agence Interfax.

"En ce qui concerne la part dans le KTK de notre partenaire (...), j'ai l'impression que nous l'avons déjà achetée. Je dois le vérifier", a déclaré M. Poutine lors d'une rencontre avec le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev à Astana.

Le KTK possède l'oléoduc Tenguiz-Novorossiïsk d'une longueur de 1.580 kilomètres qui relie le gisement de l'ouest du Kazakhstan à la côte russe de la mer Noire. En 2007, le système a fait passer 32,6 millions de tonnes de pétrole et sa puissance va augmenter à 67 millions de tonnes.

L'Oman a décidé au printemps de quitter le projet, évaluant sa part de 7% à 700 millions de dollars. Les Etats actionnaires - la Russie et le Kazakhstan- ont la priorité pour acheter cette part.

L'Etat russe possède 24% dans le KTK, qui sont gérés par la société publique russe d'oléoducs Transneft. Le Kazakhstan a 19% dans le consortium. Les autres actions sont distribuées entre des groupes privés dont Chevron Caspian Pipeline Consortium Company (15%).

(©AFP / 30 octobre 2008 17h17)

21.10.2008

South Stream: Gazprom cherche à remplacer Sofia par Bucarest (Kommersant)

evelyne casalegno, http://www.intelink.info/fre/actualites/economie/0810202224_south_stream_gazprom_cherche_a_remplacer_sofia_par_bucarest_kommersant

20/10/2008 10:38 pm

La Roumanie pourrait remplacer la Bulgarie dans le projet de gazoduc South Stream, le patron de Gazprom Alexeï Miller a mené en fin de semaine dernière à Moscou des négociations avec les dirigeants des compagnies roumaines Transgaz et Romgaz, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

Plusieurs sources affirment qu'il a été question d'entraîner dans le projet la Roumanie, afin de remplacer la Bulgarie.

Le désir de Gazprom de modifier l'itinéraire initial du gazoduc témoigne nettement du fait que de sérieux problèmes ont surgi dans la réalisation du projet. Ainsi, peu après la guerre en Géorgie, l'UE a décidé de tout mettre en oeuvre afin de mener à bien le projet Nabucco, destiné à acheminer les ressources énergétiques de la Caspienne en Europe en contournant la Russie.

Conformément à l'accord intergouvernemental signé, le gazoduc South Stream devait rallier la Russie à la Bulgarie par le fond de la mer Noire (900 km). Le coût du secteur sous-marin dépasse les 10 milliards de dollars. Ensuite, l'itinéraire prévu devait se dédoubler: une branche devait rallier le Sud de l'Italie par la Grèce et le fond de l'Adriatique, et une autre l'Autriche par la Serbie et la Hongrie. Les ententes avec Sofia, Budapest et Belgrade étaient intervenues dès l'année dernière. Cependant, dans chaque cas, certains détails empêchaient la mise en oeuvre des accords. La Bulgarie, par exemple, a insisté pour que le secteur du gazoduc passant par son territoire lui appartienne, alors que Gazprom souhaiterait qu'il soit officiellement propriété russe.

Gazprom s'est heurté à des difficultés analogues en Serbie et en Hongrie. D'ailleurs, il est évident que le principal obstacle à la mise en oeuvre du South Stream n'est nullement l'obstination des gouvernements des pays d'Europe de l'Est, mais la méfiance générale de l'Union européenne envers la Russie et Gazprom. Ainsi, au sommet de l'UE du 1er septembre dernier, les leaders des pays européens ont unanimement pris la décision de diversifier les sources de livraison de ressources énergétiques. En premier lieu, ils ont décidé de tout faire pour mettre en oeuvre le concurrent direct du South Stream: le projet Nabucco.

A propos, la compagnie roumaine Transgaz et le bulgare Bulgargaz sont actionnaires du Nabucco, c'est pourquoi le principal objectif des négociations avec la Roumanie est probablement de tenter de persuader Bucarest ou Sofia de participer au gazoduc South Stream, et non au Nabucco.

Une source au ministère de l'Energie a confirmé que la possibilité de remplacer la Bulgarie par la Roumanie dans le projet était envisagée, mais elle a refusé de donner plus de détails. Chez Gazprom, on ne commente pas non plus la situation. Dans un premier temps, la Roumanie était considérée comme une alternative à la Serbie. Cependant, ces six derniers mois, toutes les barrières législatives dans les rapports entre la Serbie et la Russie dans le cadre du secteur Nord du South Stream ont pu être levées. Dans le même temps, les experts considèrent la réorientation du South Stream vers la Roumanie comme économiquement justifiée. "Le tracé passant par la mer Noire jusqu'à la Roumanie est 100 km plus court que jusqu'à la Bulgarie, par conséquent, la partie sous-marine pourrait revenir ainsi 12% moins cher", a souligné Mikhaïl Kortchemkine, directeur d'East European Gas Analysis.

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